Ce durcissement de l’engagement américain intervient dans un contexte de pressions diplomatiques exercées par Washington sur le Nigeria face à la recrudescence des violences jihadistes. L’armée américaine adopte désormais une posture plus offensive en Afrique, privilégiant les opérations ciblées contre les groupes affiliés à l’EI en partenariat avec les forces armées locales.
Une stratégie plus offensive contre l’EI
Selon le général John Brennan, les États-Unis misent sur une coopération opérationnelle renforcée, fondée sur le partage de renseignements, l’appui logistique et la fourniture d’équipements, afin d’accroître l’efficacité des armées africaines. Cette approche régionale vise à démanteler les réseaux jihadistes du Nigeria à la Somalie, en consolidant les capacités des partenaires locaux plutôt qu’en multipliant les déploiements directs de troupes américaines.
La réunion sécuritaire tenue récemment à Abuja s’inscrit dans cette dynamique, quelques semaines après des frappes conjointes américano-nigérianes menées le jour de Noël contre des cibles liées à l’EI dans l’État de Sokoto. Ces opérations visent notamment des groupes affiliés à l’État islamique au Sahel (ISSP).
Une coopération sécuritaire à portée régionale
Au Nigeria, le soutien américain se concentre sur le partage de renseignements pour appuyer les frappes aériennes dans le nord-ouest et le nord-est du pays, régions marquées par l’insurrection de Boko Haram et de sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), considéré comme la menace la plus préoccupante.
Parallèlement, Washington maintient des échanges sécuritaires avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, malgré les régimes issus de coups d’État. Les États-Unis affirment continuer à partager des informations avec certains de ces pays pour frapper des cibles terroristes, tout en excluant toute volonté d’installer de nouvelles bases militaires en Afrique de l’Ouest, après la fermeture de celle d’Agadez au Niger.