Une source ayant travaillé au palais présidentiel, sous couvert d’anonymat, a confirmé les circonstances du décès. Un ancien officier de l’ex-Garde républicaine a également corroboré l’information, précisant que Rifaat el-Assad s’était installé aux Émirats arabes unis après la chute de son neveu en décembre 2024, sans toutefois indiquer le lieu exact de sa mort.
Une fuite après la chute du régime
Selon une source de sécurité libanaise citée par l’AFP, Rifaat el-Assad avait quitté la Syrie par voie terrestre avant d’embarquer sur un vol depuis l’aéroport de Beyrouth. Cette fuite serait intervenue après la prise du pouvoir à Damas par une coalition islamiste.
Le « boucher de Hama »
Frère de l’ancien président Hafez el-Assad, Rifaat el-Assad dirigeait les forces d’élite du régime. Il est resté tristement célèbre pour son rôle central dans la répression sanglante de l’insurrection des Frères musulmans à Hama en 1982. Menés dans un strict blackout médiatique, les massacres auraient fait entre 10 000 et 40 000 morts, selon les estimations.
Un exil doré et des démêlés judiciaires
Écarté du pouvoir en 1984 après une tentative de coup d’État ratée contre son frère, Rifaat el-Assad avait quitté la Syrie pour un long exil. Se présentant par la suite comme un opposant à Bachar el-Assad, il a vécu durant 37 ans en France, avant de regagner la Syrie en 2021 afin d’échapper à une condamnation à quatre ans de prison prononcée par la justice française pour blanchiment en bande organisée et détournement de fonds publics syriens.
Des poursuites en Suisse
L’ancien commandant des « Brigades de défense » était également visé par une procédure en Suisse. Le parquet fédéral l’accusait d’avoir ordonné des meurtres, des actes de torture, des traitements cruels et des détentions illégales lors des événements de Hama. En décembre 2024, des médias suisses avaient révélé que le Tribunal pénal fédéral envisageait de clore le dossier, l’état de santé de Rifaat el-Assad ne lui permettant plus de voyager ni de comparaître devant la justice.