Cessez-le-feu signé entre Damas et les Kurdes
Le président syrien Ahmed al-Charaa a annoncé dimanche la signature d’un accord de cessez-le-feu avec Mazloum Abdi, chef des forces kurdes en Syrie. L’accord intervient après deux jours d’avancée rapide de l’armée syrienne dans des territoires longtemps contrôlés par les Kurdes au nord et à l’est du pays.
Mazloum Abdi a déclaré : « Pour éviter que cette guerre ne se transforme en guerre civile, nous avons accepté de nous retirer de Deir Ezzor et Raqqa vers Hassaké. »
Pression sur les Kurdes et couvre-feu à Raqqa
Le samedi 17 janvier, l’armée syrienne a pris le contrôle de plusieurs zones du nord du pays, dont l’aéroport militaire de Tabqa, évacuées par les forces kurdes sous pression. Les autorités kurdes ont alors instauré un couvre-feu dans la province de Raqqa, tandis que l’armée syrienne annonçait des frappes ciblées sur la région.
Le même jour, Mazloum Abdi a rencontré à Erbil l’émissaire américain Tom Barrack et Nechirvan Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien.
Tabqa se réveille sous contrôle syrien
À Tabqa, dimanche matin, la ville s’est réveillée au son des tirs et des chars. Les habitants ont assisté à l’arrivée des forces gouvernementales, acclamant certains soldats et célébrant la libération de prisons locales.
Certains civils témoignent toutefois de violences antérieures : Ahmad, ancien détenu, décrit des gardiens brutaux utilisant tasers et isolement pour punir les prisonniers.
Malgré la reprise de la ville, quatre civils ont été tués par des tirs de snipers. Moussa, un habitant, pleure la perte de son fils : « Il était innocent… »
Raqqa reprise après de brefs combats
Vers 17 heures, les chars de l’armée ont pénétré à Raqqa. Après quelques affrontements, la ville est passée sous contrôle gouvernemental. Des scènes de liesse ont suivi, et un cessez-le-feu a été annoncé.
L’accord conclu prévoit que le Nord-Est syrien soit intégré à l’État central après une dizaine de jours de combats.