Il faut d’emblée rappeler que la géographie du continent n’est pas favorable aux sports d’hiver. Cela n’a toutefois pas empêché de nombreux pays africains de participer à ces olympiades. Entre 1960 et 2022, quinze nations africaines ont été représentées aux Jeux d’hiver : l’Algérie, Madagascar, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Sénégal, le Kenya, le Ghana, le Togo, l’Égypte, l’Eswatini, le Cameroun, l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Nigeria et l’Érythrée.
L’Afrique du Sud fut le premier pays africain à participer aux Jeux d’hiver, en 1960. En raison des boycotts liés à l’apartheid, elle ne fait son retour qu’en 1994 à Lillehammer, en Norvège, avec le patineur artistique Dino Quattrocecere et la patineuse de vitesse Cindy Meyer.
En 2018, à PyeongChang, huit pays africains étaient représentés, un record. Quatre ans plus tard, à Pékin, six athlètes de cinq nations — l’Érythrée, le Ghana, Madagascar, le Maroc et le Nigeria — ont participé aux Jeux.
Certains pays ont marqué l’histoire des Jeux d’hiver. Le Maroc est devenu la deuxième nation africaine à y participer en 1968 à Grenoble. Le Sénégal a fait sa première apparition en 1984 à Sarajevo, et le Ghana a fait ses débuts à Vancouver en 2010 grâce à Kwame Nkrumah-Acheampong, né en Écosse, qui a concouru au slalom masculin.
Même sans médaille, certains athlètes africains ont laissé leur empreinte. Le skieur de fond kenyan Philip Boit, ami du champion Bjorn Daehlie, a participé aux Jeux de 1998, 2002 et 2006. Lors du 10 km classique à Nagano en 1998, il termine bon dernier, mais est chaleureusement félicité à l’arrivée par Daehlie, une image qui fera le tour du monde. « Mon coach m’avait parlé de lui et je l’avais vu à la télé. Je n’arrivais pas à croire que le meilleur fondeur du monde était resté pour me féliciter », confiera Boit à Olympics.com.
Madagascar a été représenté à trois Jeux d’hiver : 2006, 2018 et 2022. La skieuse alpine Mialitiana Clerc, leur seule représentante, a participé aux Jeux de Pékin en 2022 et était déjà présente à PyeongChang en 2018, à seulement 16 ans. Née près d’Antananarivo, elle n’avait découvert le ski que quelques années auparavant, en Haute-Savoie, où elle a grandi avec sa famille adoptive. « Je me sens chanceuse parce que, oui, il n’y a pas beaucoup de femmes africaines dans le monde du ski », confie-t-elle.
Sabrina Simader, pionnière du ski en Afrique
Le Nigeria a, lui, écrit l’histoire en 2018 avec Seun Adigun, Ngozi Onwumere et Akuoma Omeoga, formant la première équipe africaine de bobsleigh. À PyeongChang, l’Afrique avait aussi la Kényane Sabrina Wanjiku Simader, première skieuse africaine à participer aux Jeux d’hiver, ainsi que Samuel Ikpefan, représentant du Kenya en ski de fond.
Le Sénégalais Lamine Gueye a été un précurseur. À 23 ans, il réalise son rêve en participant aux Jeux de Sarajevo en 1984. Premier skieur d’Afrique subsaharienne aux JO, fondateur de la Fédération sénégalaise de ski en 1979, il a pris part à trois Jeux d’hiver, cinq championnats du monde et vingt-cinq Coupes du monde. Envoyé en pensionnat en Suisse, il découvre le ski lors de sorties organisées par l’établissement. « Le ski et moi, c’est une histoire d’amour qui a débuté à cette époque », raconte-t-il. Aujourd’hui, il œuvre pour que toujours plus d’athlètes africains participent aux Jeux d’hiver.