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Guerre en Iran : Téhéran à moitié vidée de ses habitants, répression et inquiétudes environnementales

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Au 12e jour de la guerre en Iran, près de 4 millions d’habitants ont fui Téhéran. Entre frappes, pénuries d’essence, répression du régime et pollution liée aux incendies pétroliers, la situation se détériore.
Guerre en Iran : Téhéran à moitié vidée de ses habitants, répression et inquiétudes environnementales
Guerre en Iran, une explosion à Téhéran ce lundi 2 mars

Le régime iranien a lancé, mardi 10 mars au soir et dans la nuit, de nouvelles attaques visant des installations militaires américaines dans le Golfe, alors que les États-Unis et Israël poursuivent leurs frappes contre l’Iran. À Téhéran, la situation se dégrade rapidement : près de la moitié de la population a quitté la capitale, tandis que les habitants restés sur place tentent de s’organiser dans des conditions de plus en plus difficiles.

Au douzième jour du conflit, la capitale iranienne apparaît largement désertée. Sur une population estimée entre 8 et 9 millions d’habitants, environ 4 millions ont fui vers les provinces, cherchant refuge dans des villages, des petites villes non touchées par les frappes ou encore sur les rives de la mer Caspienne. Les rues sont presque vides et la plupart des commerces ont baissé leur rideau. Seuls les magasins d’alimentation et les boulangeries restent ouverts, mais certains produits commencent à manquer en raison de perturbations dans la distribution.

La vie quotidienne devient également plus compliquée pour ceux qui sont restés malgré les bombardements israéliens et américains, qui touchent de plus en plus de zones résidentielles et provoquent des victimes civiles. Après les frappes israéliennes ayant détruit deux dépôts de carburant, l’approvisionnement en essence est fortement perturbé. Dans les stations-service, les automobilistes ne peuvent désormais obtenir que cinq litres par passage avec la carte du pompiste, indispensable pour faire le plein.

En Iran, répression accrue et inquiétudes environnementales

Dans le même temps, les autorités iraniennes durcissent leur position face à toute tentative d’opposition. Le président américain et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ont appelé la population iranienne à descendre dans la rue. Dans un message vidéo, le chef du gouvernement israélien a affirmé que les frappes visaient les structures du pouvoir afin de permettre aux Iraniens de se soulever.

La réaction des autorités a été immédiate. Lors d’une intervention à la télévision d’État, le chef de la police nationale a averti que toute manifestation serait considérée comme une action menée par des « agents de l’ennemi ». Environ 80 personnes ont déjà été arrêtées pour avoir envoyé à des médias persanophones à l’étranger – notamment BBC Persian et Iran International – des vidéos montrant des sites frappés par les armées israélienne ou américaine.

Le procureur général a également annoncé que les biens des membres de la diaspora iranienne ayant manifesté leur soutien aux frappes pourraient être confisqués. Un site baptisé « Comité Vengeance » diffuse par ailleurs les photos et les numéros d’identité de manifestants identifiés, les autorités affirmant qu’ils ne pourront plus retourner dans le pays.

Parallèlement aux tensions politiques et militaires, les frappes contre des installations pétrolières soulèvent de fortes inquiétudes environnementales. D’importants incendies ont libéré des fumées toxiques au-dessus de Téhéran. Des habitants ont évoqué un air irrespirable et même une « pluie noire » tombée sur la ville.

Selon les spécialistes, ces incendies libèrent notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des composés hautement cancérigènes qui se dispersent sous forme de particules fines pouvant atteindre directement les voies respiratoires. La pollution pourrait aussi s’étendre aux sols et aux nappes phréatiques. Les hydrocarbures, souvent moins denses que l’eau, peuvent s’accumuler à la surface des nappes et créer une forme de « marée noire souterraine », avec des effets durables sur les ressources en eau et les écosystèmes.

Même si le nuage toxique semble s’être dissipé au-dessus de la capitale, les experts estiment que l’impact écologique de ces incendies pourrait se faire sentir pendant de longues années.

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