Les frappes israéliennes se sont intensifiées vendredi 6 mars, touchant la banlieue sud de Beyrouth ainsi que le sud et l’est du Liban. Selon le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, ces attaques provoquent « une catastrophe humanitaire », avec des déplacements massifs de populations. Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) estime que 300 000 personnes ont été déplacées depuis le début des frappes. Depuis lundi, les bombardements ont déjà fait 217 morts et 798 blessés, selon le ministère de la Santé.
Dans le sud du pays, la ville de Saïda a été durement touchée : un appartement sur la corniche maritime a été détruit par une forte explosion, tandis que 15 vagues de raids ont rasé des pâtés d’immeubles depuis jeudi soir. Plus au sud, Tyr, célèbre pour ses ruines romaines classées au patrimoine mondial de l’Unesco, a également subi des frappes, tout comme plusieurs villages de l’est du Liban. À Beyrouth, d’immenses colonnes de fumée s’élevaient au-dessus de la banlieue sud, où des immeubles effondrés jonchaient le sol. Selon l’armée israélienne, ces attaques visent les infrastructures du Hezbollah dans le quartier de Dahiyeh.
Au Liban, une crise humanitaire sans précédent
L’ordre d’évacuation massif d’Israël a poussé des centaines de milliers d’habitants à fuir leurs domiciles. Dans le bastion du Hezbollah à Dahiyeh, où vivent entre 600 000 et 800 000 personnes, des familles dorment à même le sol, sur le front de mer ou dans le centre-ville. « C’est un cauchemar : nous n’avons ni à manger, ni à boire et pas d’abris », confie Fatmé El Massry, 45 ans.
Le Premier ministre libanais met en garde contre une « catastrophe humanitaire » dont les conséquences pourraient être « sans précédent ». Plus de 95 000 personnes ont été déplacées selon les derniers chiffres officiels, et le gouvernement tente de gérer cette crise massive. Pendant ce temps, la rhétorique israélienne reste menaçante : le ministre Bezalel Smotrich a promis que la banlieue sud de Beyrouth subirait le même sort que Gaza, tandis que le Hezbollah appelle les habitants du nord d’Israël à se mettre à l’abri et revendique de nouvelles attaques contre le territoire israélien.