Au moins 28 civils ont été tués mercredi lors de deux attaques de drones distinctes dans le nord du Soudan. La plus meurtrière a frappé le marché très fréquenté de Saraf Omra, dans l’État du Darfour-Nord, en pleine après-midi. Selon une source médicale locale citée par l’AFP, 22 personnes ont perdu la vie, dont un nourrisson, et 17 autres ont été blessées.
Les images diffusées montrent des corps gisant parmi des étals renversés, dans une ville déjà fragilisée par des années de conflit. Les habitants, venus s’approvisionner ou vendre leurs récoltes, ont été pris au dépourvu. Dans cette région où les combats entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) se poursuivent, les civils paient un tribut de plus en plus lourd.
Au Soudan, une seconde attaque meurtrière au Kordofan-Nord
Quelques centaines de kilomètres plus au sud du Soudan, une autre frappe de drone a visé un camion en circulation près d’Al-Rahad, dans le Kordofan-Nord. Le bilan fait état de six morts, dont trois corps entièrement calcinés, et d’au moins dix blessés, selon une source hospitalière. Cette dernière attribue l’attaque aux paramilitaires des FSR, engagés depuis avril 2023 dans un conflit ouvert avec l’armée régulière.
Le véhicule, vraisemblablement transportant des civils ou des marchandises, a été entièrement détruit. Les survivants, souffrant de brûlures et en état de choc, ont été pris en charge dans un hôpital déjà saturé par l’afflux de victimes.
L’usage croissant de drones, à la fois peu coûteux et précis, modifie profondément la conduite du conflit. Ces armes permettent de frapper loin des lignes de front, exposant davantage les populations civiles. Marchés, routes ou convois : aucun lieu ne semble désormais à l’abri.
Depuis le début de l’année, les Nations unies ont recensé des centaines de morts civils liés à ces frappes aériennes, notamment au Darfour et au Kordofan. Un conflit qui, après avoir déjà causé des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, continue de s’enliser dans une spirale de violence où la distinction entre civils et combattants s’efface.