Placée sous l’égide du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur désigné de l’Union africaine pour la crise congolaise, la réunion réunit plusieurs ministres africains des Affaires étrangères ainsi que des envoyés spéciaux des États-Unis et du Qatar. L’objectif affiché est clair : harmoniser les différents processus de médiation en cours et renforcer leur cohérence, afin d’éviter les initiatives parallèles parfois concurrentes.
Une crise sécuritaire toujours explosive dans l’est congolais
Depuis plusieurs années, l’est de la République démocratique du Congo reste le théâtre de violences récurrentes opposant l’armée congolaise à une multitude de groupes armés. Le Mouvement du 23 mars (M23), au cœur des tensions régionales, demeure particulièrement actif dans le Nord-Kivu, provoquant déplacements massifs de populations et crises humanitaires à répétition.
Malgré des engagements diplomatiques récents entre Kinshasa et Kigali, facilités par des partenaires internationaux, les combats n’ont pas cessé durablement sur le terrain. Cette situation alimente le scepticisme sur l’efficacité des accords conclus hors du cadre africain et renforce la volonté de l’Union africaine de porter une réponse plus structurée, enracinée dans les dynamiques régionales.
En confiant la médiation à Faure Gnassingbé, l’Union africaine entend donner un nouveau souffle à son implication dans le dossier congolais. Depuis plusieurs semaines, le chef de l’État togolais multiplie les consultations avec des acteurs africains et internationaux, cherchant à bâtir un consensus autour d’une approche commune.
À la veille du sommet, il a notamment échangé avec le président de la Commission de l’Union africaine Mahmoud Ali Youssouf, qui a réaffirmé l’engagement de l’organisation panafricaine à privilégier des solutions africaines aux conflits du continent. Les discussions portent autant sur les mécanismes de cessez-le-feu que sur les garanties politiques et sécuritaires à offrir aux parties impliquées.
Le sommet de Lomé se distingue par la diversité des acteurs conviés autour de la table. Plusieurs anciens chefs d’État africains participent aux travaux en tant que facilitateurs, parmi lesquels Olusegun Obasanjo, Uhuru Kenyatta, Sahle-Work Zewde, Mokgweetsi Masisi et Catherine Samba Panza.
Leur mission consiste à soutenir la médiation principale et à faciliter le dialogue entre les différentes parties, tout en assurant une meilleure articulation avec les processus régionaux existants. La présence des émissaires américains et qataris témoigne, de son côté, de la volonté de relier les initiatives africaines aux efforts diplomatiques internationaux déjà engagés.
Kinshasa attentif aux discussions
Le président congolais Félix Tshisekedi s’est rendu à Lomé en amont du sommet pour des échanges bilatéraux avec le médiateur togolais. Ces discussions ont porté sur l’évolution de la situation sécuritaire et sur les attentes de Kinshasa vis-à-vis de cette nouvelle séquence diplomatique.
Pour les autorités congolaises, l’enjeu est de parvenir à une désescalade durable tout en préservant la souveraineté du pays. Le gouvernement attend de l’Union africaine qu’elle joue un rôle plus affirmé dans le suivi des engagements pris par les différents acteurs régionaux impliqués dans la crise.
Au cœur des travaux de Lomé figure la volonté de rendre compatibles les multiples cadres de négociation existants, qu’ils soient portés par des États africains, des organisations régionales ou des partenaires extérieurs. Les participants cherchent à établir une feuille de route commune, intégrant des mesures immédiates de désescalade et des perspectives politiques à moyen terme.
Ce sommet doit également préparer les prochaines discussions au niveau des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, où un état des lieux détaillé de la situation dans les Grands Lacs sera présenté, avec l’ambition de replacer l’organisation continentale au centre du règlement de la crise congolaise.