Le 7 avril 2026, le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, a accordé une audience au général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales du Maroc. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la 5e session de la commission militaire mixte maroco-mauritanienne, tenue à Nouakchott.
Durant trois jours, les responsables militaires des deux pays ont évalué leur coopération et défini de nouvelles priorités sécuritaires, dans un contexte marqué par la dégradation de la situation au Sahel.
Mauritanie–Maroc : Sécurité frontalière et équilibre diplomatique
Au cœur des échanges : le renforcement de la surveillance des frontières, notamment face à la circulation de groupes armés dans les zones proches du Mali. Rabat et Nouakchott entendent intensifier le partage de renseignements afin de mieux contenir les menaces terroristes.
Mais pour les autorités mauritaniennes, l’enjeu dépasse le seul cadre sécuritaire. Le président Mohamed Ould Ghazouani poursuit une ligne diplomatique prudente, cherchant à préserver un équilibre entre le Maroc et l’Algérie, deux partenaires aux relations tendues. Si la coopération militaire avec Rabat se consolide, Nouakchott maintient également le dialogue avec Alger, avec qui des accords de protection des informations sensibles ont été conclus en avril 2025.
Par ailleurs, la question du Front Polisario demeure un point de friction. La Mauritanie continue de recevoir ponctuellement des représentants du mouvement indépendantiste sahraoui, une position qui suscite la réserve du Maroc. Sur ce dossier sensible, Nouakchott réaffirme toutefois sa stratégie : conserver des canaux de discussion ouverts avec l’ensemble des acteurs.