L’influenceur panafricaniste Kemi Seba a été interpellé en Afrique du Sud, où il fait désormais l’objet d’une procédure d’extradition, ont annoncé les autorités locales jeudi 16 avril. Très suivi sur les réseaux sociaux pour ses positions anti-occidentales, il est recherché par le Bénin, qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État avortée de décembre.
À la tête de l’ONG « Urgences panafricanistes » et opposant déclaré au président Patrice Talon, il est poursuivi pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion ». Lors de la tentative de putsch du 7 décembre, rapidement déjouée avec l’appui de forces alliées, il avait salué dans une vidéo « le jour de la libération ».
Interpellation de Kemi Seba à Pretoria et procédure judiciaire en cours
L’arrestation a eu lieu dans un centre commercial de Pretoria. Kemi Seba a été appréhendé en compagnie de son fils et d’un facilitateur, soupçonné d’avoir perçu une importante somme pour organiser leur passage illégal vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Selon la police sud-africaine, le groupe envisageait ensuite de rejoindre l’Europe.
Placés en détention provisoire, les intéressés doivent comparaître le 20 avril 2026. Les autorités ont confirmé qu’une procédure d’extradition est en cours.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà chargé pour l’activiste. En France, il avait été placé en garde à vue en 2024 dans une enquête portant notamment sur d’éventuels liens avec le groupe paramilitaire Wagner, fondé par Evgueni Prigojine, aujourd’hui décédé. Des documents révélés par des médias avaient évoqué un soutien financier et stratégique du groupe à certaines de ses activités en Afrique entre 2018 et 2019.
Par ailleurs, le Bénin figure parmi les pays récemment pointés du doigt par Freedom House pour des pratiques de répression transnationale, selon un rapport publié cette semaine.