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Décès de Hadja Andrée Touré : la Guinée perd une figure historique de son indépendance

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Décédée au Maroc à 91 ans, Hadja Andrée Touré, première Première dame de Guinée et veuve d’Ahmed Sékou Touré, laisse une empreinte majeure dans l’histoire du pays.
Décès de Hadja Andrée Touré : la Guinée perd une figure historique de son indépendance
Hadja Andrée Touré, la veuve d'Ahmed Sékou Touré chez elle à Conakry, en 2017. © Florence Morice / RFI

Hadja Andrée Touré, veuve du premier président de la République de Guinée, Ahmed Sékou Touré, est décédée mercredi 8 juillet 2026 au Maroc, où elle séjournait depuis plusieurs mois pour des raisons médicales. Âgée de 91 ans, elle restera comme la première Première dame de l’histoire de la Guinée indépendante et l’une des témoins privilégiés des premières décennies de la nation guinéenne.

Née Andrée Kourouma le 18 novembre 1934 à Kankan, d’un père médecin militaire français et d’une mère guinéenne, elle a occupé une place singulière dans l’histoire politique de son pays. Discrète mais influente, elle a accompagné les grandes étapes de la construction de la République de Guinée après son accession à l’indépendance en 1958.

Elle épouse Ahmed Sékou Touré en juin 1953, plusieurs années avant que celui-ci ne devienne le premier président guinéen. De 1958 à 1984, elle assume le rôle protocolaire de Première dame, aux côtés de son époux durant ses 26 années de pouvoir.

Hadja Andrée Touré : une vie marquée par l’exil, la résilience et le devoir de mémoire

Après la mort d’Ahmed Sékou Touré en 1984 et l’arrivée au pouvoir du régime militaire dirigé par le Comité militaire de redressement national (CMRN), Hadja Andrée Touré est arrêtée avec son fils Mohamed Touré. Condamnée aux travaux forcés en 1987, elle est finalement libérée en 1988 avant de vivre plusieurs années en exil. Elle retourne en Guinée en 2000.

Soucieuse de transmettre son témoignage sur cette période charnière de l’histoire guinéenne, elle publie en 2023 ses mémoires intitulées Ma vie auprès d’Ahmed Sékou Touré, dans lesquelles elle revient sur son parcours personnel et son expérience aux côtés du premier président du pays.

À l’annonce de sa disparition, le président guinéen Mamadi Doumbouya a rendu hommage à « une femme courageuse, digne et résiliente », saluant en elle « un témoin privilégié et une actrice discrète des heures fondatrices de notre indépendance ».

Les autorités guinéennes n’ont pas encore communiqué de date officielle pour le rapatriement de sa dépouille ni pour l’organisation de ses obsèques.

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