Après une première étape en Algérie, le pape Léon XIV a poursuivi mercredi 15 avril sa tournée africaine au Cameroun, pays multiconfessionnel à majorité chrétienne. Dès son arrivée à Yaoundé, le souverain pontife a adressé un message sans détour aux autorités, les exhortant à « oser faire un examen de conscience » et à « briser les chaînes de la corruption ».
Dans un discours prononcé en français devant les autorités et le corps diplomatique, il a insisté sur la nécessité d’une gestion transparente des ressources publiques et du respect de l’État de droit au Cameroun, conditions essentielles selon lui pour restaurer la confiance des citoyens. Accueilli dans une ambiance fervente par des milliers de fidèles, Léon XIV a été porté par l’espoir d’une population confrontée à de nombreuses difficultés économiques et sociales.
Au programme de cette première journée : une rencontre avec le président Paul Biya, 93 ans, suivie de visites pastorales, dont un passage dans un orphelinat catholique et un échange avec les évêques du pays.
Une visite sous le signe de la paix dans les régions anglophones au Cameroun
Au-delà des enjeux institutionnels, cette visite revêt une dimension hautement symbolique dans un pays marqué par un conflit armé dans ses régions anglophones depuis 2017. Le pape doit notamment se rendre à Bamenda, épicentre des violences opposant forces gouvernementales et groupes séparatistes, un conflit qui a fait des milliers de morts et provoqué d’importants déplacements de population.
Dans ce contexte, Léon XIV entend porter un message de réconciliation et d’apaisement. Une trêve de trois jours a d’ailleurs été annoncée par des groupes séparatistes pour permettre son déplacement en toute sécurité, nourrissant l’espoir d’un apaisement durable.
Très attendue, cette visite est perçue par de nombreux fidèles comme une opportunité unique de faire avancer le dialogue et de favoriser une solution pacifique. L’Église catholique, qui représente une part importante de la population et joue un rôle clé dans les domaines social et éducatif, pourrait ainsi renforcer sa position de médiateur dans la crise.
Le pape doit poursuivre sa tournée à Douala, avant de continuer ce périple africain en Angola et en Guinée équatoriale jusqu’au 23 avril.