Au Burkina Faso, la vague de suspension des organisations de la société civile se poursuit. Après la dissolution récente d’une centaine d’associations, principalement actives dans la défense des droits humains, plus de 350 nouvelles structures ont été suspendues depuis le lundi 21 avril. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, dirigé par Émile Zerbo, justifie cette décision par le non-renouvellement des statuts et des règlements intérieurs exigés par la réglementation en vigueur.
Cette mesure a provoqué un choc chez plusieurs responsables associatifs, dont certains découvrent leur mise en cause sans avoir été officiellement informés. Plusieurs dirigeants expriment leur incompréhension et leur inquiétude face à l’avenir de leurs activités au Burkina Faso, déjà fragilisées par un manque de moyens financiers et de soutien institutionnel.
Entre incertitudes financières et mise en conformité difficile des associations au Burkina Faso
Sur le terrain, les réactions oscillent entre résignation et inquiétude. Un responsable associatif confie que, faute de ressources, l’obligation de payer des cotisations pourrait conduire à la fermeture pure et simple de sa structure, entièrement financée par les contributions personnelles de ses membres. D’autres affirment avoir été informés tardivement par le ministère et envisagent de se rendre dans les services compétents afin de régulariser leur situation, malgré les contraintes financières que cela implique.
Certains responsables, en revanche, assurent ne pas avoir été informés de la suspension de leur association. Surpris, ils disent découvrir la situation par les réseaux sociaux ou des canaux informels et promettent de se conformer rapidement aux exigences administratives, notamment par la tenue d’assemblées générales et la mise à jour de leurs statuts.
Malgré la suspension officielle, plusieurs associations continuent pour l’instant leurs activités, tout en reconnaissant que leur maintien dépendra des décisions à venir. Pour certains dirigeants, cette situation met en lumière la nécessité d’une meilleure anticipation administrative, tandis que d’autres estiment que les structures devraient être davantage accompagnées pour éviter de telles interruptions.