Au Bénin, l’ancien ministre et président du parti Restaurer l’Espoir, Candide Azannaï, a comparu le 18 juin 2026 devant la commission d’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), à Cotonou, dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 visant l’ex-président Patrice Talon.
L’audience, tenue à huis clos, s’est déroulée en présence des seuls magistrats, du prévenu et de son avocat. Pour la première fois depuis sa mise en détention provisoire le 20 décembre 2025, l’opposant a été interrogé en profondeur sur le fond du dossier. Selon son conseil, il aurait répondu durant plus de sept heures aux questions des juges, portant notamment sur les charges d’« atteinte à la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion ».
Au Bénin, un avocat confiant malgré un dossier toujours en instruction
À la sortie de l’audience, l’avocat de Candide Azannaï s’est voulu rassurant, affirmant que son client a répondu « de la plus belle manière » aux interrogations des magistrats. Me Aboubakar Baparapé s’est dit « optimiste » et « serein », estimant qu’aucun élément probant ne relie son client à la tentative de putsch, et plaidant déjà pour un non-lieu.
L’affaire reste toutefois à un stade préliminaire, avec plus d’une cinquantaine de personnes impliquées. À ce stade de la procédure, la justice n’a pas encore déterminé les responsabilités individuelles. À l’issue de l’audience, l’avocat a également échangé avec des proches et sympathisants du mis en cause, leur rappelant que les conclusions ne seront connues qu’à la fin de l’instruction.
À la sortie de la Criet, Candide Azannaï a été conduit discrètement à bord d’un véhicule aux vitres teintées, sans être aperçu du public. Ancien allié de la première heure de Patrice Talon, il s’est progressivement imposé ces dernières années comme l’une des figures les plus critiques du régime, multipliant déclarations et prises de position contre le pouvoir, au nom de ce qu’il qualifie de « résistance nationale ».