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États-Unis : à un mois des élections de mi-mandat, Donald Trump face au risque du vote-sanction

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À moins d’un mois des élections de mi-mandat du 3 novembre, les États-Unis entrent dans une séquence politique décisive. Donald Trump conserve une base républicaine puissante, mais son impopularité, les inquiétudes économiques et les conséquences de sa politique intérieure et internationale offrent aux démocrates une occasion de reprendre la Chambre des représentants, voire de menacer la majorité républicaine au Sénat. Derrière le renouvellement du Congrès se joue désormais la capacité du président américain à gouverner librement pendant les deux dernières années de son mandat.
Trump face au risque d’un vote-sanction aux élections de mi-mandat 2026
Lors d'un rassemblement dans le Nebraska, lundi 5 octobre, le président américain Donald Trump a signé un décret autorisant tous les Américains à acheter du diesel exonéré de taxes. AP Photo/Charlie Riedel - Charlie Riedel

Aux États-Unis, la campagne électorale est entrée dans sa dernière ligne droite. Et même si le nom de Donald Trump ne figure pas sur les bulletins de vote du 3 novembre, cette élection tourne largement autour de lui.

Deux ans après son retour à la Maison-Blanche, le président républicain doit affronter le premier grand verdict électoral national de son second mandat. Cette nouvelle séquence intervient alors que la politique américaine continue également d’avoir des répercussions directes sur ses partenaires, notamment dans les relations commerciales avec l’Europe, comme l’illustre cet article de Monde Hebdo sur l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis.

Les 435 sièges de la Chambre des représentants sont renouvelés, ainsi qu’une partie du Sénat. Pour Trump, l’objectif est simple : conserver un Congrès républicain afin de poursuivre son programme sans devoir composer avec une majorité démocrate.

Pour ses adversaires, les élections de mi-mandat représentent au contraire la première véritable occasion de lui imposer un contre-pouvoir.

Et, à quelques semaines du scrutin, le rapport de force s’est resserré.

L’économie redevient le talon d’Achille de Trump

Donald Trump avait retrouvé la Maison-Blanche en 2024 en promettant notamment de réduire le coût de la vie, protéger l’économie américaine et restaurer le pouvoir d’achat.

Deux ans plus tard, c’est précisément sur l’économie que le président apparaît politiquement vulnérable.

Une récente enquête AP-NORC citée dans les analyses de la campagne situe son taux d’approbation à seulement 31 %, avec une appréciation encore plus faible de sa gestion économique. Les préoccupations liées aux prix restent au premier rang des inquiétudes des électeurs.

La situation économique américaine est pourtant loin d’être catastrophique sur tous les indicateurs. À l’approche des élections, le chômage se situe à 4,2 %, un niveau correspondant encore à une situation relativement solide sur le marché du travail. Mais derrière ce chiffre, Reuters décrit une économie où les créations d’emplois sont moins dynamiques et où le sentiment des ménages ne correspond pas nécessairement aux statistiques macroéconomiques.

C’est toute la difficulté pour les républicains : convaincre les Américains que l’économie fonctionne alors qu’une partie importante des électeurs dit ressentir l’inverse dans son quotidien.

La hausse des prix de l’énergie ajoute à cette difficulté. Donald Trump envisage même une suspension de la taxe fédérale sur l’essence, alors que le gallon d’essence ordinaire dépasse en moyenne 4,30 dollars au niveau national. Une telle décision nécessiterait cependant l’accord du Congrès.

L’Iran bouleverse l’équation politique

La politique étrangère s’est également invitée avec force dans cette campagne.

La guerre avec l’Iran, qui dure désormais depuis plusieurs mois, pèse directement sur la politique intérieure américaine en raison de son coût et de ses conséquences sur les marchés de l’énergie. Pour mieux comprendre les dimensions géopolitiques de cette confrontation, Europe Actu analyse les relations entre Washington et Téhéran et leurs conséquences au Moyen-Orient.

Le vice-président JD Vance a déclaré cette semaine que Washington exigeait notamment une réduction substantielle de l’enrichissement nucléaire iranien pour parvenir à un accord mettant fin au conflit. Selon Reuters, la guerre coûte environ 3 milliards de dollars par mois aux États-Unis et contribue aux perturbations des marchés énergétiques.

Cette situation crée un paradoxe pour Trump.

Le président avait construit une partie de son identité politique autour d’une promesse : rompre avec les interventions militaires américaines interminables et privilégier les intérêts directs des États-Unis.

La prolongation d’un conflit coûteux au Moyen-Orient donne donc aux démocrates un angle d’attaque supplémentaire, particulièrement lorsque ses conséquences se retrouvent à la pompe.

L’économie et la politique étrangère finissent ainsi par se rejoindre dans l’isoloir.

Les démocrates voient la Chambre à portée de main

Il y a quelques mois encore, le scénario d’une reprise complète du Congrès par les démocrates semblait difficile. La situation est désormais plus ouverte.

Plusieurs analystes électoraux considèrent aujourd’hui les démocrates comme favoris pour reprendre la Chambre des représentants.

Le Cook Political Report a récemment déplacé quinze circonscriptions en leur faveur. Selon les projections citées début octobre, le parti pourrait gagner suffisamment de sièges pour renverser la majorité républicaine.

Le Sénat reste plus compliqué.

Les démocrates doivent réaliser un gain net d’au moins quatre sièges pour reprendre le contrôle de la chambre haute. Mais plusieurs États autrefois considérés comme relativement sûrs pour les républicains sont devenus compétitifs.

La Caroline du Nord, le Texas, l’Ohio, l’Alaska, l’Iowa ou encore le Maine concentrent désormais une partie de l’attention nationale. Les démocrates restent parallèlement sous pression pour conserver leurs propres sièges dans des États comme la Géorgie, le Michigan et le New Hampshire.

Les premiers jours du vote anticipé seront donc scrutés de très près. Dans l’Ohio, où celui-ci vient de commencer, Reuters rapporte une mobilisation démocrate initialement supérieure à celle des républicains, même s’il serait prématuré d’en tirer une conclusion nationale.

Immigration : l’un des atouts de Trump devient plus complexe

L’immigration reste un élément central du projet politique trumpiste.

Depuis son retour au pouvoir, l’administration a considérablement renforcé les opérations d’arrestation et d’expulsion des migrants en situation irrégulière.

Mais les conséquences économiques de cette politique commencent également à entrer dans la campagne.

Dans certaines régions frontalières du Texas, notamment dans la vallée du Rio Grande, le durcissement migratoire a provoqué des tensions sur le marché du travail dans des secteurs dépendant fortement de la main-d’œuvre immigrée, comme l’agriculture et la construction.

Plusieurs circonscriptions de cette région, où Trump avait réussi à progresser spectaculairement auprès de l’électorat latino, sont désormais très disputées.

C’est un test particulièrement intéressant.

Si les républicains conservent leurs gains auprès des électeurs hispaniques malgré le durcissement migratoire, la transformation électorale engagée sous Trump pourrait s’inscrire durablement dans le paysage américain.

Si une partie de cet électorat revient vers les démocrates, notamment pour des raisons économiques, la coalition républicaine pourrait montrer ses premières fissures.

Le scrutin décidera surtout des deux dernières années de Trump

L’importance des élections du 3 novembre dépasse largement le nombre de sièges gagnés ou perdus.

Une victoire républicaine permettrait à Donald Trump de présenter le résultat comme une validation de son second mandat et de poursuivre plus facilement son agenda législatif.

Une victoire démocrate à la Chambre changerait immédiatement la situation.

Le président devrait alors composer avec une majorité hostile capable de bloquer une partie de ses projets, de contrôler davantage les finances fédérales et surtout de lancer des commissions d’enquête sur son administration.

Des responsables démocrates ont déjà indiqué que les activités commerciales de la famille Trump pourraient faire partie des sujets examinés si leur parti reprenait la Chambre.

Si les démocrates remportaient également le Sénat, le bouleversement serait encore plus important. Les nominations présidentielles, notamment judiciaires, deviendraient beaucoup plus difficiles et la Maison-Blanche entrerait dans deux années de cohabitation institutionnelle extrêmement conflictuelle.

Une Amérique toujours profondément divisée

Cette campagne confirme finalement une caractéristique fondamentale de l’Amérique politique contemporaine : la polarisation reste extrêmement forte.

Donald Trump continue de mobiliser un électorat fidèle et dispose d’une influence presque sans équivalent sur le Parti républicain. Il multiplie actuellement les déplacements pour soutenir les candidats engagés dans les circonscriptions les plus disputées.

Son influence dépasse par ailleurs largement les frontières américaines. En Afrique de l’Ouest aussi, le nom de Trump alimente régulièrement les réseaux sociaux, parfois au prix de fausses informations : AFFAIRAGE.CI avait notamment vérifié une rumeur virale attribuant à Donald Trump l’arrestation du président burkinabè Ibrahim Traoré.

Les républicains disposent également de ressources financières considérables. Les groupes conservateurs ont engagé des sommes massives dans les dernières semaines de campagne, y compris dans des territoires qui semblaient auparavant acquis au parti.

Mais les démocrates bénéficient aujourd’hui d’une dynamique politique qu’ils n’avaient pas nécessairement quelques mois plus tôt.

Leur principal moteur n’est d’ailleurs pas seulement l’adhésion à leur programme. Il repose largement sur le rejet de Trump, les inquiétudes concernant le coût de la vie et la volonté d’établir un contre-pouvoir à Washington.

C’est là tout l’enjeu du 3 novembre.

Les Américains ne choisiront pas leur président. Donald Trump restera à la Maison-Blanche quel que soit le résultat.

Mais ils décideront s’il peut continuer à gouverner avec un Congrès favorable ou s’il doit passer les deux dernières années de son mandat face à une opposition institutionnelle capable de freiner son agenda.

À moins d’un mois du scrutin, la possibilité d’une Chambre démocrate semble désormais suffisamment sérieuse pour modifier toute la seconde moitié de la présidence Trump. La bataille du Sénat déterminera si ce coup d’arrêt reste partiel ou devient un véritable basculement politique à Washington.

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