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Mali : un journaliste et un activiste condamnés à des peines de prison par la justice

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Au Mali, la justice a condamné un journaliste et un activiste à des peines de prison dans deux dossiers distincts, sur fond de tensions avec les autorités.
Mali : un journaliste et un activiste condamnés à des peines de prison par la justice
Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire Malien 22 septembre. © DR

La justice malienne a rendu, lundi 3 août, deux décisions qui illustrent le climat tendu entre les autorités de transition et certaines voix publiques. Un journaliste et un activiste, déjà placés en détention, ont été condamnés dans des procédures distinctes pour plusieurs infractions.

Le directeur du journal 22 Septembre condamné après des déclarations publiques

Chahana Takiou, directeur de publication du quotidien 22 Septembre, a été condamné à un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis. Il comparaissait devant le pôle national de lutte contre la cybercriminalité.

Les poursuites faisaient suite à des propos tenus lors d’un forum des médias organisé en juin à Bamako. Au cours de cette rencontre, le journaliste avait estimé qu’« il n’y a aucune dynamique de paix au Mali ». Il avait également dénoncé le recours à la loi sur la cybercriminalité contre les professionnels de la presse, jugeant que ces derniers devraient relever exclusivement du régime des délits de presse.

Dans une autre intervention publique, Chahana Takiou avait aussi affirmé que le journalisme reposait sur les mêmes principes partout dans le monde. Il avait contesté l’idée d’un « narratif souverain africain », considérant qu’il ne se différenciait pas des autres approches médiatiques.

Adama Ben Diarra écope de cinq ans de prison

Dans une affaire distincte, Adama Ben Diarra, plus connu sous le surnom de « Ben Le Cerveau », a été condamné à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, par la chambre criminelle de Bamako.

Figure connue du soutien aux autorités militaires, l’activiste s’est illustré ces dernières années par ses positions hostiles à la France et à la Mission des Nations unies au Mali, tout en défendant un rapprochement avec la Russie.

Ses ennuis judiciaires avaient débuté après un appel au retour à l’ordre constitutionnel. Interpellé en septembre 2023, il avait déjà été condamné dans une première procédure à deux ans de prison, dont un an ferme. Cette nouvelle décision concerne un dossier portant sur des accusations de « menaces et injures ».

Des condamnations dans un contexte politique sous tension

Ces deux verdicts interviennent alors que les relations restent tendues entre les autorités de transition, plusieurs journalistes, des militants de la société civile et des responsables politiques.

Depuis les coups d’État de 2020 et de 2021, les dirigeants militaires affirment vouloir renforcer la souveraineté du Mali et poursuivent une politique de rupture avec plusieurs partenaires occidentaux. Dans ce contexte, les décisions de justice visant des personnalités publiques continuent d’alimenter les débats sur la liberté d’expression et l’évolution du paysage politique malien.

En condamnant un journaliste et un activiste dans deux dossiers distincts, la justice malienne rend des décisions qui s’inscrivent dans un climat politique particulièrement sensible. Ces affaires témoignent des tensions persistantes autour de la liberté d’expression, alors que le pays poursuit sa transition sous l’autorité du pouvoir militaire.

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