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Licence d’entrepreneur de spectacle en Côte d’Ivoire : une réforme qui divise les organisateurs

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La Côte d’Ivoire impose une licence d’entrepreneur de spectacle aux organisateurs d’événements. Une réforme destinée à professionnaliser le secteur, mais qui suscite des inquiétudes.
Licence d'entrepreneur de spectacle en Côte d'Ivoire : une réforme qui divise les organisateurs
Un spectacle en Côte d'Ivoire (Illustration)

Organiser un concert, un festival ou un spectacle en Côte d’Ivoire nécessitera bientôt une autorisation officielle. Le gouvernement met en place une licence d’entrepreneur de spectacle afin de mieux encadrer le secteur. Si cette mesure est saluée par certains professionnels, elle inquiète déjà les petits organisateurs en raison de son coût.

Une licence désormais obligatoire pour organiser des spectacles

La nouvelle réglementation impose à toute personne physique ou morale souhaitant produire, diffuser ou exploiter un spectacle de détenir une licence d’entrepreneur de spectacle délivrée par le ministère de la Culture.

Cette autorisation sera valable pendant trois ans. Son obtention implique également le versement d’une caution. Selon les catégories concernées, le coût peut atteindre 10 millions de francs CFA, soit environ 15 000 euros.

Pour Marcel, organisateur de spectacles depuis deux ans, cette obligation représente un obstacle majeur. Habitué à monter des événements de taille modeste, il estime ne pas disposer des moyens financiers nécessaires pour satisfaire aux nouvelles exigences.

« Les évènements qu’on organise atteignent très souvent, 150 à 200 personnes. Et là pour l’organisation, on ne passe pas la barre des deux millions. Qu’est-ce qu’on gagne comme bénéfice derrière pour pouvoir assumer tout ça ? », s’interroge-t-il.

Les professionnels défendent une meilleure organisation du secteur

La réforme vise les producteurs, les diffuseurs ainsi que les exploitants de salles de spectacles. Pour une partie des acteurs de la filière, cette évolution était devenue nécessaire afin de mettre fin aux pratiques informelles.

Aziz Adad, secrétaire général de l’Association des producteurs professionnels de spectacles de Côte d’Ivoire, estime que cette licence permettra de renforcer la crédibilité de la profession.

« C’était un véritable fourre-tout. Tout le monde pouvait venir mener cette activité. Il fallait préserver cette corporation afin que nous soyons crédibles et sérieux auprès des institutions et des banques surtout. Et donc viendra ceux qui ont des garanties et qui pourront donc offrir le meilleur qui soit au public », affirme-t-il.

Une entrée en vigueur prévue à la mi-octobre

Le ministère de la Culture encourage les nouveaux venus à se former auprès de professionnels déjà titulaires de la licence avant de lancer leurs activités.

Selon Elvis Adjaffi, directeur des Affaires juridiques, cette réforme accompagne la croissance du spectacle vivant en Côte d’Ivoire. Elle doit permettre de mieux protéger les professionnels, mais aussi le public, en identifiant clairement les organisateurs responsables des événements.

« Le spectacle vivant connaît un véritable essor. Il faut donc professionnaliser ce secteur. Il s’agit de protéger ceux qui exercent cette activité, mais aussi le public, qui doit savoir qui organise un spectacle et vers qui se tourner en cas de problème », explique-t-il.

La réglementation entrera en application à la mi-octobre. À partir de cette date, les organisateurs qui exerceront sans licence s’exposeront à des sanctions. Les amendes prévues varieront de 3 à 5 millions de francs CFA, soit environ 4 500 à 7 600 euros.

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