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Mali : Amnesty International réclame une enquête après la mort de soldats lors de l’attaque d’Anéfis

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Amnesty International demande une enquête indépendante après de possibles crimes de guerre commis contre des soldats maliens lors de l'attaque d'Anéfis.
Mali : Amnesty International réclame une enquête après la mort de soldats lors de l'attaque d'Anéfis
Amnesty International

L’attaque meurtrière survenue le 18 juillet dans le nord du Mali continue de susciter de vives inquiétudes. Amnesty International estime que plusieurs soldats maliens capturés pourraient avoir été victimes d’exécutions sommaires, en violation du droit international humanitaire. L’organisation appelle désormais les autorités à ouvrir une enquête indépendante.

Des vidéos au cœur des accusations au Mali

Pour établir les circonstances de l’attaque, Amnesty International affirme avoir examiné douze vidéos. Selon l’organisation, trois d’entre elles contiennent des éléments laissant penser qu’au moins 19 soldats maliens, déjà hors de combat, auraient subi des mauvais traitements avant d’être exécutés.

Dans un communiqué, Ousmane Diallo, chercheur principal d’Amnesty International pour le Sahel, affirme que les images montrent des militaires incapables de combattre avant leur mise à mort. Il rappelle que le droit international humanitaire protège toute personne capturée, blessée ou ayant déposé les armes.

Parmi les séquences analysées, l’une montre des soldats avançant dans le désert avec les mains derrière la tête, laissant penser qu’ils se rendaient. Une autre présente les corps de ces mêmes militaires. Une troisième vidéo montre plusieurs hommes allongés au sol pendant que des individus armés ouvrent le feu sur eux.

Une attaque revendiquée par le JNIM et le FLA

Le 18 juillet, un convoi de l’armée malienne quittant la ville stratégique d’Anéfis a été attaqué dans le nord du pays. Selon des responsables maliens, au moins 50 soldats ont perdu la vie.

L’offensive a été revendiquée par le Front de libération de l’Azawad (FLA) ainsi que par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Amnesty précise que deux des vidéos étudiées montrent un drapeau blanc associé au JNIM.

Quelques jours auparavant, les deux groupes armés avaient brièvement pris le contrôle d’Anéfis et encerclé une base militaire occupée par l’armée malienne et les paramilitaires russes de l’Africa Corps. Les forces maliennes avaient ensuite repris la ville.

Les appels à une enquête se multiplient

Amnesty International rappelle que les Conventions de Genève garantissent une protection totale aux personnes hors de combat. L’organisation souligne que tout homicide, acte de torture ou atteinte à leur dignité peut constituer un crime de guerre.

Face à ces éléments, elle demande l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin d’établir les responsabilités. Les Nations unies ont également réclamé, la semaine dernière, des investigations sur l’ensemble des tueries liées à cette attaque.

Cette affaire intervient dans un contexte sécuritaire toujours très dégradé. Depuis plusieurs mois, le JNIM et le FLA intensifient leurs offensives contre les autorités maliennes. En avril, ces groupes avaient notamment lancé une opération d’envergure qui leur avait permis de s’emparer de Kidal, une ville stratégique du nord du Mali, au cours de laquelle le ministre malien de la Défense avait été tué.

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