Les relations entre le Nigeria et l’Afrique du Sud traversent une nouvelle zone de turbulences. Réunis à Abuja le 27 juillet 2026, des représentants des deux pays ont tenté de désamorcer les tensions provoquées par les violences visant des migrants en Afrique du Sud. En toile de fond, la mort récente d’un ressortissant nigérian et les accusations de passivité adressées à Pretoria.
Des échanges diplomatiques pour éviter une crise entre Abuja et Pretoria
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a dépêché une délégation officielle à Abuja afin de renouer le dialogue avec les autorités nigérianes. La mission, conduite par le ministre des Relations extérieures Ronald Lamola, devait rencontrer le président Bola Ahmed Tinubu.
Le chef de l’État nigérian n’a toutefois pas participé aux discussions. Il a confié cette rencontre à son ministre adjoint des Affaires étrangères, chargé de représenter le gouvernement.
À l’issue des échanges, Pretoria a évoqué des discussions « franches, constructives et tournées vers l’avenir », estimant qu’elles avaient permis d’engager un travail visant à restaurer la confiance entre les deux pays.
Le Nigeria dénonce l’inaction face aux violences contre les migrants
La crispation est alimentée par le décès de Simon Ibeh Chika, un citoyen nigérian tué lors d’une intervention policière à son domicile au Cap. Le consulat du Nigeria à Johannesburg affirme que cette opération s’est déroulée dans des « circonstances douteuses ».
Au-delà de ce drame, Abuja reproche aux autorités sud-africaines de ne pas agir avec suffisamment de fermeté contre les violences visant les ressortissants africains. Le gouvernement nigérian évoque même une possible « responsabilité » ou « complicité » de Pretoria et réclame des mesures concrètes pour protéger les migrants.
Pretoria maintient sa ligne sur la migration irrégulière
Face à ces critiques, Ronald Lamola a réaffirmé la position de son gouvernement. Il a condamné les actes violents commis contre les étrangers, tout en rappelant que l’Afrique du Sud poursuivrait sa lutte contre la migration irrégulière, les personnes en situation irrégulière et les activités criminelles.
Le même jour, devant le Parlement panafricain de l’Union africaine, Cyril Ramaphosa a appelé les États africains à renforcer leur coopération afin de répondre collectivement aux défis migratoires.
Depuis plusieurs mois, l’Afrique du Sud connaît des manifestations parfois violentes contre les migrants africains. Certains groupes les accusent d’être à l’origine du chômage, de l’insécurité et de la pression exercée sur les services publics.
Selon les chiffres communiqués, plus de 160 000 étrangers ont quitté le pays depuis la fin du mois de mai. De son côté, le Nigeria a lancé un dispositif destiné à rapatrier environ 1 500 de ses ressortissants.
Une relation bilatérale sous pression
Cette nouvelle séquence illustre les difficultés persistantes entre les deux principales puissances économiques du continent africain sur la question migratoire. Si le dialogue diplomatique reste ouvert, les attentes d’Abuja en matière de protection de ses citoyens demeurent fortes, tandis que Pretoria continue de défendre une politique stricte contre l’immigration irrégulière. L’évolution de ce dossier sera déterminante pour l’avenir des relations entre les deux pays.