En Côte d’Ivoire, l’orpaillage illégal continue de prospérer malgré les vastes opérations de démantèlement menées par les autorités ces cinq dernières années. Réuni le jeudi 24 juillet 2026, le Conseil national de sécurité (CNS) a dressé un constat préoccupant et annoncé un renforcement de la lutte contre ce phénomène aux lourdes conséquences environnementales, économiques et sécuritaires.
Plus de 8 500 sites clandestins démantelés depuis 2021
Depuis 2021, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal affirme avoir démantelé plus de 8 500 sites clandestins à travers le pays. Les opérations ont conduit au déferrement devant la justice de plus de 4 400 personnes, dont près des deux tiers sont des ressortissants étrangers.
Les autorités mettent également en avant la saisie de 960 millions de francs CFA, la récupération de 136 kilogrammes d’or ainsi que la destruction de nombreux équipements utilisés pour l’exploitation illégale.
Malgré ces résultats, le Conseil national de sécurité estime que l’orpaillage clandestin continue de s’étendre. L’institution qualifie la situation de « fortement préoccupante », soulignant ses répercussions sur l’environnement, la sécurité nationale et les recettes économiques de l’État.
Une riposte renforcée contre un fléau environnemental
Pour le docteur Albert Kouadio, spécialiste des questions minières, l’orpaillage clandestin prive l’État d’importantes ressources financières. « L’or extrait est écoulé sur le marché noir », explique-t-il.
L’expert alerte également sur les conséquences écologiques de cette activité. Selon lui, les exploitants illégaux ont recours à des substances toxiques, notamment le mercure, qui contaminent durablement les sols. À terme, prévient-il, ces terres pourraient devenir impropres à l’agriculture si aucune mesure efficace n’est prise.
Face à cette menace persistante, le Conseil national de sécurité annonce un durcissement de sa stratégie. Les autorités entendent renforcer l’implication des préfets et des chefs coutumiers, intensifier la coopération avec les pays d’origine des orpailleurs étrangers et appliquer avec davantage de fermeté les sanctions prévues par la législation ivoirienne.