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Donald Trump relance les droits de douane : l’Union européenne épargnée, la Chine dénonce une guerre commerciale

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Donald Trump annonce une nouvelle vague de droits de douane visant une soixantaine de pays. Si l'Union européenne limite les dégâts, la Chine dénonce une nouvelle escalade de la guerre commerciale.
Donald Trump relance les droits de douane : l'Union européenne épargnée, la Chine dénonce une guerre commerciale
Donald Trump, président des Etats-Unis

Six mois après que la Cour suprême américaine a invalidé l’essentiel des droits de douane instaurés au début de son mandat, Donald Trump revient à la charge. Jeudi 23 juillet, le président des États-Unis a annoncé de nouvelles taxes sur les importations en provenance d’une soixantaine de pays, relançant les tensions commerciales mondiales. Si certains partenaires commerciaux limitent les dégâts, d’autres dénoncent une décision aux fondements juridiques contestés.

Des partenaires inégalement touchés, l’Union européenne relativement épargnée

Les nouvelles mesures tarifaires dessinent une carte contrastée des relations commerciales des États-Unis. Le Canada, le Mexique et le Royaume-Uni conservent des droits de douane de 10 %, un niveau proche de celui qui avait été négocié en 2025 avant d’être annulé par la justice américaine.

En revanche, l’Australie, le Brésil, le Japon et la Chine devront désormais s’acquitter d’une taxe de 12,5 % sur leurs exportations vers les États-Unis. Pékin a immédiatement dénoncé une « nouvelle déclaration de guerre commerciale », estimant que Washington poursuit une politique protectionniste en contournant les institutions.

L’Union européenne figure parmi les partenaires les moins affectés, avec des droits de douane maintenus à 10 %, soit un niveau inférieur au plafond de 15 % fixé lors des discussions de Turnberry. À Bruxelles, la Commission européenne estime que ces nouvelles mesures ne remettent pas en cause les relations commerciales transatlantiques et pourraient même alléger les taxes sur certains produits européens.

Une base juridique contestée et des tensions persistantes avec Bruxelles, affirme Donald Trump

Pour justifier cette nouvelle offensive tarifaire, Donald Trump s’appuie sur une disposition de la loi commerciale américaine de 1974, qui autorise des sanctions contre les pays jugés insuffisamment engagés dans la lutte contre le travail forcé. Un argument qui suscite de vives critiques et pourrait une nouvelle fois être contesté devant les tribunaux.

Lors de sa précédente décision, la Cour suprême avait rappelé que la politique commerciale relevait avant tout du Congrès, et non de l’exécutif. Pour Thomas Grjebine, responsable du programme Macroéconomie et finance internationales au CEPII, cette stratégie permet au président américain de prolonger sa politique protectionniste malgré les recours judiciaires. Selon lui, Donald Trump multiplie les fondements juridiques afin de maintenir les droits de douane le plus longtemps possible, dans l’attente d’une décision définitive de la justice.

À Bruxelles, la Commission européenne rejette également le motif avancé par Washington. Sa porte-parole, Paula Pinho, rappelle que l’Union européenne dispose déjà d’une réglementation stricte contre le travail forcé et conteste toute accusation de contribution à ce phénomène. Pour Thomas Grjebine, l’argument du travail forcé sert avant tout à donner une apparence de légalité à une politique commerciale largement motivée par des considérations économiques et politiques.

Malgré un traitement relativement favorable dans cette nouvelle salve de taxes, les Européens restent prudents. Les critiques formulées à Washington après l’amende de 890 millions d’euros infligée à Google alimentent les craintes d’une nouvelle escalade commerciale. Plusieurs responsables européens redoutent que les différends autour de la régulation des géants américains du numérique servent de prétexte à de nouvelles mesures douanières contre l’Union européenne.

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