Le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a déclaré dimanche 17 mai à Cannes qu’il ne souhaitait plus que son groupe, principal financeur du cinéma français, poursuive ses collaborations avec les professionnels ayant signé une pétition critiquant son actionnaire de référence, Vincent Bolloré.
Lors d’une prise de parole en marge du festival de Cannes, il a estimé avoir vécu cette initiative comme une remise en cause injuste des équipes de Canal+, affirmant refuser de travailler avec ceux qui, selon lui, les accusent implicitement de positions extrêmes.
Canal+ : une polémique autour d’une tribune et des tensions sur la liberté d’expression
La pétition, publiée à l’approche du 79e Festival de Cannes et signée notamment par Juliette Binoche et Swann Arlaud, dénonce une influence croissante de l’extrême droite dans le secteur du cinéma à travers le rôle du milliardaire Vincent Bolloré. Les signataires y expriment leurs inquiétudes quant à une possible uniformisation des œuvres et à une prise de contrôle idéologique de la création.
Maxime Saada a, de son côté, estimé que cette tribune revenait à qualifier les équipes de Canal+ de « crypto-fascistes », justifiant ainsi sa réaction. Cette position a suscité des critiques, notamment du président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), Gaëtan Bruel, qui a regretté une atteinte au principe de liberté d’expression. Parallèlement, le groupe Canal+ réaffirme son engagement dans le financement du cinéma français, avec une enveloppe annuelle prévue allant jusqu’à 170 millions d’euros d’ici 2027.