Au Niger, les autorités intensifient leurs efforts autour de la « mobilisation générale pour la défense de la patrie », décrétée fin décembre par ordonnance du général Abdourahamane Tiani. Inspirée d’une initiative similaire adoptée au Burkina Faso en 2023, cette mesure vise à répondre aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.
Le texte prévoit notamment la possibilité de réquisitionner des personnes et des biens afin de protéger l’État contre toute menace, qu’elle soit intérieure ou extérieure. Présentée comme une réponse exceptionnelle, cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de préserver l’intégrité territoriale et de renforcer la souveraineté nationale, un discours récurrent depuis le coup d’État de 2023.
Sensibilisation nationale et réactions politiques au Niger
Ces dernières semaines, les membres du Conseil consultatif de la refondation — organe remplaçant l’Assemblée nationale — ont sillonné les huit régions du pays. Objectif : rencontrer autorités administratives, chefs coutumiers et acteurs de la société civile pour expliquer les contours de cette mobilisation.
À Niamey, le gouverneur a présenté cette initiative comme une réponse directe aux menaces pesant sur le pays. Ces rencontres ont également permis de rassurer les populations, notamment sur la question sensible des réquisitions prévues par le texte, selon l’Agence nigérienne de presse.
Parallèlement, la notion de « mobilisation générale » a été largement relayée sur les réseaux sociaux, dans un contexte marqué par la réaction des autorités au vote du Parlement européen, le 12 mars. Cette résolution appelant à la libération du président déchu, Mohamed Bazoum, a suscité de vives critiques de la part des autorités nigériennes et de plusieurs organisations de la société civile.