Le leader de l’opposition ougandaise Bobi Wine, dont la localisation était restée inconnue pendant plusieurs semaines, a annoncé le 14 mars avoir quitté l’Ouganda. Entré dans la clandestinité après l’élection présidentielle contestée de janvier 2026, le chef de la National Unity Platform (NUP) se trouve désormais à l’étranger, selon son parti.
Ce départ intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, marqué notamment par l’encerclement de sa résidence par les forces de sécurité. Malgré cette situation, la direction du NUP défend fermement cette décision, qu’elle présente comme une démarche stratégique plutôt qu’un exil politique.
Une stratégie internationale pour accroître la pression
Pour l’opposition, ce déplacement à l’étranger vise avant tout à renforcer les soutiens internationaux. Selon Joel Ssenyonyi, porte-parole du parti, l’objectif est de rencontrer des dirigeants et la diaspora ougandaise afin d’intensifier la pression sur le régime en place.
L’entourage de Bobi Wine insiste sur le caractère temporaire de cette absence, évoquant une série de consultations politiques à l’international. Il établit également un parallèle avec le parcours du président Yoweri Museveni, qui avait lui-même vécu dans la clandestinité dans les années 1980 avant d’accéder au pouvoir.
Une opposition qui se veut structurée malgré l’absence
Malgré l’absence de son leader, le NUP affirme poursuivre ses activités sans interruption. Le parti met en avant la solidité de ses structures internes, assurant que son fonctionnement ne dépend pas uniquement de la présence physique de Bobi Wine.
Selon ses responsables, ce dernier s’est déjà absenté par le passé pour des engagements internationaux sans que cela n’affecte l’organisation du parti.
Pour des raisons de sécurité, la localisation précise de Bobi Wine n’a pas été révélée. Son entourage indique toutefois que ses déplacements pourraient durer plusieurs semaines avant un retour en Ouganda.
Âgé de 44 ans et de son vrai nom Robert Kyagulanyi, Bobi Wine avait quitté la clandestinité après le scrutin présidentiel du 15 janvier 2026, remporté par Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. Cette élection, vivement critiquée par des observateurs et des ONG, s’est déroulée dans un climat de répression, marqué par des arrestations massives de partisans de l’opposition.
Par ailleurs, le fils du président, Muhoozi Kainerugaba, avait suscité la polémique en publiant sur les réseaux sociaux des messages menaçants à l’encontre de Bobi Wine, avant de les supprimer.