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Mort d’« El Mencho » : portrait du patron du CJNG, empire criminel mexicain

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Le chef du Cartel Jalisco Nueva Generación, Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », a été abattu lors d’une opération militaire. Retour sur l’ascension et la chute du baron le plus redouté du Mexique.
Mort d’« El Mencho » : portrait du patron du CJNG, empire criminel mexicain
Nemesio Oseguera Cervantes, alias "El Mencho", dans une annonce à la télévision mexicaine, le 22 février 2026

À la tête du redoutable Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », a été abattu dimanche 22 février lors d’une opération militaire. Âgé de 59 ans, il était considéré comme le dernier grand parrain du narcotrafic mexicain depuis l’arrestation et l’extradition vers les États-Unis des fondateurs du Cartel de Sinaloa, Joaquín Guzmán et Ismael Zambada García. Washington offrait 15 millions de dollars pour sa capture.

Décrit comme « violent de nature » par le spécialiste du narcotrafic José Reveles, le chef du CJNG, El Mencho se distinguait par une stratégie d’affrontement direct avec les autorités. En juin 2020, il orchestre une attaque spectaculaire contre Omar García Harfuch, alors chef de la police de la capitale, blessé dans l’assaut qui fera trois morts.

Déjà en 2015, ses hommes avaient attaqué la gendarmerie du Jalisco et abattu un hélicoptère militaire au lance-roquettes, multipliant barrages et incendies. L’offensive avait causé la mort de dizaines de personnes, dont 20 policiers et neuf militaires. Ces démonstrations de force ont contribué à imposer le CJNG comme l’organisation criminelle la plus redoutée du pays.

El Mencho, une expansion fulgurante aux ambitions mondiales

Né en 1966 dans une famille modeste du Michoacán, Nemesio Oseguera Cervantes émigre jeune aux États-Unis, où il est condamné pour trafic d’héroïne dans les années 1980 avant d’être expulsé. De retour au Mexique, il rejoint le cartel del Milenio, puis fonde en 2009, dans l’État voisin de Jalisco, le groupe des « Mata Zetas », rapidement rebaptisé Cartel Jalisco Nueva Generación.

En 2011, l’organisation marque les esprits en abandonnant 35 corps près d’une réunion de procureurs à Veracruz. S’appuyant sur une violence extrême et une expansion rapide, le CJNG prend l’ascendant sur plusieurs gangs rivaux. Après l’extradition du « Chapo » et de « Mayo », il devient le cartel le plus puissant d’un Mexique meurtri par plus de 450 000 homicides et 100 000 disparitions liés au crime organisé depuis 2006.

En 2025, le département d’État américain classe le CJNG comme organisation terroriste, soulignant sa dimension transnationale et sa présence dans « quasiment tout le Mexique ». Trafic de drogue et d’armes, extorsions, traite de migrants, vols de pétrole : le groupe diversifie ses activités et étend ses réseaux vers l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Australie, marchés jugés plus lucratifs.

Divorcé et père de trois enfants, « El Mencho » laisse derrière lui un empire criminel fragilisé mais tentaculaire. Son fils aîné, surnommé « El Menchito », purge une peine de prison à perpétuité aux États-Unis, tandis que son ex-épouse, un temps incarcérée, a été remise en liberté.

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