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Après le scrutin ougandais, la société civile est-africaine alerte sur un climat de terreur

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Les organisations de la société civile kényane ont une nouvelle fois porté la voix de leurs homologues ougandaises. Le 19 janvier 2026, elles ont tenu une conférence de presse à Nairobi pour dénoncer les violences ayant marqué les élections générales du 15 janvier en Ouganda. Deux jours auparavant, le président sortant Yoweri Museveni avait été proclamé vainqueur avec plus de 71 % des suffrages, décrochant ainsi un septième mandat.
Après le scrutin ougandais, la société civile est-africaine alerte sur un climat de terreur

Un climat de peur persistant après la proclamation des résultats

Malgré l’annonce officielle des résultats en Ouganda, la situation sécuritaire demeure préoccupante, selon Mwanase Ahmed, de l’organisation est-africaine Jumuiya Ni Yetu. « Cent personnes ont été présentées hier devant un tribunal de Kampala. D’autres sont toujours détenues. Plusieurs responsables de la Plateforme nationale de l’unité ont été enlevés et restent introuvables », affirme-t-il. La société civile estime à près de 1 000 le nombre de personnes arrêtées ou portées disparues depuis le scrutin.

Des milices pro-régime mises en cause

La société civile régionale de l’Ouganda fait également état d’au moins 60 morts depuis l’élection. Pour le défenseur des droits humains Cyprian Nyamwamu, cette répression serait menée par les « brigades des ghettos », des milices proches du pouvoir. « Elles ont été militarisées, entraînées et autorisées à intimider les électeurs le jour du vote. Ce sont elles qui ont arrêté des agents dans les bureaux de vote et les ont fait disparaître », dénonce-t-il, évoquant des publications sur les réseaux sociaux du fils du président Museveni.

Silence des institutions africaines critiqué

Les organisations de la société civile pointent également le mutisme des institutions africaines et régionales face à ces violences. Cornelius Oduor, de la Commission kényane des droits de l’homme, accuse l’Union africaine de complaisance : « En validant un score de 71,6 % alors que l’internet était coupé en Ouganda et que la famille de l’opposant Bobi Wine demeure détenue, l’Union africaine privilégie la survie des autocrates à la vie des citoyens africains. »

Félicitations régionales malgré les contestations

Le 19 janvier, les présidents de la Somalie, du Rwanda et du Kenya ont adressé leurs félicitations à Yoweri Museveni pour sa réélection. Âgé de 81 ans, l’ancien chef de la guérilla a été reconduit pour un septième mandat consécutif avec 71,65 % des voix, selon les résultats définitifs publiés par la commission électorale.

Son principal opposant, Bobi Wine, crédité de 24,72 % des suffrages, a rejeté des « résultats truqués » et indiqué s’être caché après une descente des forces de sécurité à son domicile.

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