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Extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba : des zones d’ombre autour de l’ex-chef de la transition burkinabé

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Selon le site Africa Intelligence, l’ancien président de la transition burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba, aurait été extradé du Togo vers le Burkina Faso le 17 janvier. Cette information a été rapidement démentie par le gouvernement togolais et n’a, à ce jour, pas été confirmée par les autorités burkinabè.
Burkina Faso : des zones d’ombre autour de la supposée extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba
L'ancien président de transition du Burkina Faso, Paul-Henri Sandaogo Damiba

Une annonce dans un contexte de tensions sécuritaires

Cette révélation intervient quelques jours après l’annonce officielle par le gouvernement burkinabè d’une tentative de coup d’État déjouée dans la nuit du 3 au 4 janvier 2026. Selon les autorités, Paul-Henri Sandaogo Damiba serait le « commanditaire » présumé de cette opération, dont l’objectif aurait été l’assassinat du président Ibrahim Traoré et le renversement du régime en place.

Un complot préparé de longue date, selon le gouvernement

D’après le ministre de la Sécurité nationale, Mahamadou Sana, cité par la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), le complot aurait été planifié pendant plusieurs mois et devait être déclenché le 3 janvier 2026 à 23 heures. Le plan prévoyait l’élimination ciblée du capitaine Traoré, la neutralisation de la base de drones du pays, puis une intervention terrestre de « forces extérieures », dont l’origine n’a pas été précisée.

Le ministre affirme également que l’ancien chef de la transition aurait recruté des civils et des militaires et tenté de mobiliser certaines populations pour soutenir la prise de pouvoir.

Des témoignages et des accusations de financement

Dans une vidéo diffusée par la RTB, un homme présenté comme un complice présumé, El Hadj Madi Sakandé, affirme avoir rencontré Paul-Henri Sandaogo Damiba à plusieurs reprises en 2023 et en 2025. Il déclare que ce dernier lui aurait fait part de sa volonté de reprendre le pouvoir et lui aurait demandé de contribuer à la mise en œuvre du projet.

Sakandé affirme également avoir récupéré en Côte d’Ivoire une somme de 70 millions de francs CFA destinée au financement de l’opération. Ni Damiba ni les autorités ivoiriennes n’ont réagi à ces allégations, alors que plusieurs arrestations de civils et de militaires ont été annoncées.

Un ancien officier au parcours reconnu

Lieutenant-colonel d’infanterie, Paul-Henri Sandaogo Damiba a commandé plusieurs régions militaires et a été membre de l’ancien Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Formé à l’École militaire de Paris et titulaire d’un master en sciences criminelles, il s’est également fait connaître en 2021 comme auteur de l’essai Armées ouest-africaines et terrorisme : réponse incertaine, consacré aux enjeux sécuritaires dans la sous-région.

Arrivé au pouvoir en janvier 2022 à la suite d’un putsch contre Roch Marc Christian Kaboré, il a dirigé le Burkina Faso jusqu’en septembre de la même année. Radié de l’armée en novembre 2024 pour « atteinte à la dignité militaire », il vivait depuis en exil au Togo.

Une extradition toujours non confirmée

Exilé depuis 2022, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait pourtant exprimé, à l’époque de sa chute, ses vœux de réussite à son successeur. À ce stade, le gouvernement burkinabè n’a pas confirmé son extradition ni précisé sa situation judiciaire, alors que l’affaire ravive les débats sur la stabilité politique du Burkina Faso et la gestion de la dissidence par le régime du capitaine Traoré.

Lomé dément toute procédure d’extradition

Dans un communiqué publié le 19 janvier 2026, le gouvernement togolais a formellement démenti toute extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba. Les autorités togolaises rappellent que les procédures d’extradition sont strictement encadrées par le droit national et international et nécessitent des étapes administratives et judiciaires précises, incompatibles, selon elles, avec des délais aussi courts.

Le communiqué ne précise toutefois pas si l’ancien président de la transition se trouvait encore sur le territoire togolais au moment de cette déclaration.

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