Un sommet pour donner corps à l’AES
Ce sommet, le deuxième depuis la rencontre fondatrice de Niamey en 2024, s’est tenu dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans le Sahel. Face à la persistance des attaques de groupes armés et à l’isolement diplomatique croissant des trois pays, les autorités entendent renforcer leur coopération et afficher leur autonomie stratégique.
Une force militaire conjointe en préparation
Au cœur des discussions figure la mise en place d’une force armée conjointe. Déjà annoncée au début de l’année 2025, cette force unifiée doit permettre aux armées des trois États de coordonner leurs opérations contre les groupes jihadistes actifs dans la région. Les dirigeants ont réaffirmé leur engagement à concrétiser ce projet, présenté comme un pilier central de la sécurité collective de l’alliance.
À cette occasion, le président malien Assimi Goïta a dévoilé l’étendard officiel de cette future force et procédé à la nomination du général Daouda Traoré comme commandant. Toutefois, aucune date précise n’a encore été annoncée concernant le début effectif des opérations sur le terrain, laissant planer des interrogations sur le calendrier réel de déploiement.
Une alliance née des ruptures politiques récentes
L’Alliance des États du Sahel a vu le jour en septembre 2023, à l’initiative des autorités militaires arrivées au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger à la suite de coups d’État successifs. Le texte fondateur de l’AES repose sur un principe clé : un devoir d’assistance mutuelle en cas d’agression contre l’un des États membres.
Depuis sa création, l’alliance cherche à se positionner comme une alternative régionale aux cadres de coopération traditionnels, notamment en matière de défense et de développement. Les dirigeants revendiquent une approche souveraine, fondée sur des priorités définies par les États sahéliens eux-mêmes.
Banque et médias communs pour affirmer l’intégration
Au-delà de la dimension militaire, le sommet de Bamako a également été marqué par l’annonce de projets civils structurants. Les chefs d’État ont acté le lancement d’une banque d’investissement et de développement de l’AES, destinée à financer des projets économiques communs et à réduire la dépendance aux partenaires extérieurs.
Parallèlement, un média commun a été inauguré, avec l’ambition de porter une voix sahélienne unifiée sur la scène régionale et internationale. Pour les autorités, ces outils doivent accompagner la construction d’une identité commune et renforcer la cohésion entre les populations des trois pays.
Avec ces premières institutions, l’Alliance des États du Sahel tente de passer du discours politique à l’action concrète, tout en faisant face à d’importants défis sécuritaires, économiques et organisationnels.
Avec Affairage.ci