Condamnation de Marien Le Pen : Cinq ans d’inéligibilité, quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis, un aménagement possible de la partie ferme sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende de 100.000 euros ont été demandés ce mardi 3 février. Le ministère public a toutefois précisé ne pas solliciter l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité.
Une responsabilité pénale confirmée en appel pour Le Pen
Dès l’ouverture des réquisitions, l’avocat général Thierry Ramonatxo a annoncé la ligne du parquet : confirmer « très largement » la décision de première instance. « Inutile de maintenir un faux suspense », a-t-il lancé, assurant que la responsabilité pénale reconnue en mars dernier devait être entérinée. Le représentant du ministère public a fermement rejeté les accusations de « politisation » de cette procédure judiciaire, qualifiées de stratégie visant à délégitimer la justice.
Il a rappelé le contexte tendu entourant ce dossier depuis le signalement du Parlement européen en 2014, évoquant une défense collective marquée par une contestation systématique, avec « pas moins de 45 recours » déposés. Une situation qui, selon lui, a contribué à prolonger une affaire déjà particulièrement sensible sur le plan politique.
Une affaire aux lourdes conséquences politiques
Le parquet est également revenu sur les pressions et menaces ayant visé les juges de première instance, qui avaient condamné Marine Le Pen le 31 mars à quatre ans de prison, dont deux ferme, à 100.000 euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Une décision qui empêche aujourd’hui la présidente du Rassemblement national de se projeter vers l’élection présidentielle de 2027.
Au cœur du dossier, il est reproché à Marine Le Pen, au RN (ex-Front national) et à dix autres cadres d’avoir fait rémunérer, entre 2004 et 2016, des salariés du parti par le Parlement européen. Sur les 25 condamnés en première instance, la moitié a interjeté appel. Seule une réduction de la durée d’inéligibilité en deçà de deux ans, et l’absence d’un aménagement sous bracelet électronique, pourraient rouvrir une perspective politique pour la dirigeante d’extrême droite. La cour d’appel rendra sa décision « d’ici l’été ».