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La Russie expulse un diplomate britannique sur fond de tensions persistantes avec Londres

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Les relations déjà dégradées entre Russie et le Royaume-Uni connaissent un nouvel épisode de crispation. Les autorités russes ont annoncé l’expulsion d’un diplomate britannique en poste à Moscou, accusé d’appartenir aux services de renseignement de son pays. Une décision immédiatement dénoncée par Londres, qui y voit des accusations « malveillantes » et « infondées ».
La Russie expulse un diplomate britannique sur fond de tensions persistantes avec Londres
Le président russe, Vladimir Poutine

Jeudi matin, la chargée d’affaires britannique, Danae Dholakia, a été convoquée au ministère des Affaires étrangères de la Russie. Selon un communiqué officiel de la diplomatie russe, elle y a été informée du retrait de l’accréditation d’un diplomate de l’ambassade britannique, sur la base « d’informations reçues » faisant état de son appartenance aux services secrets du Royaume-Uni. Les autorités russes ont précisé que l’intéressé disposait d’un délai de deux semaines pour quitter le territoire.

Les services fédéraux de sécurité russes, le FSB, ont identifié le diplomate concerné comme Gareth Samuel Davies, présenté comme ayant été envoyé en Russie « sous couvert » de ses fonctions de deuxième secrétaire à l’ambassade britannique. Moscou affirme ne plus tolérer la présence, sur son sol, de représentants étrangers menant des activités de renseignement non déclarées.

Londres dénonce des accusations « infondées » et étudie sa riposte sur la Russie

La réaction britannique ne s’est pas fait attendre. Le ministère des Affaires étrangères à Londres a rejeté fermement les accusations portées par Moscou, dénonçant une nouvelle manœuvre politique. « Ce n’est pas la première fois que le Kremlin formule des accusations malveillantes et sans fondement contre notre personnel diplomatique », a déclaré un porte-parole dans un communiqué officiel, ajoutant que le Royaume-Uni examinait « les options » pour y répondre.

Selon les agences de presse russes, l’entretien entre Danae Dholakia et les responsables du ministère russe des Affaires étrangères n’a duré qu’une quinzaine de minutes, signe d’une procédure expéditive. Moscou a toutefois accompagné cette décision d’un avertissement clair, affirmant être prête à une « riposte symétrique décisive » en cas d’escalade de la part de Londres.

Cet épisode s’inscrit dans un climat diplomatique particulièrement tendu, alors que le Royaume-Uni reste l’un des soutiens les plus actifs de l’Ukraine sur les plans militaire, financier et diplomatique depuis le lancement de l’offensive russe à grande échelle en février 2022.

Une série d’incidents diplomatiques depuis le début de la guerre en Ukraine

Les relations entre Moscou et Londres étaient déjà fragiles avant la guerre en Ukraine, mais elles se sont nettement détériorées depuis le début du conflit. Les expulsions croisées de diplomates sont devenues fréquentes, chaque camp accusant l’autre de pratiques hostiles ou de harcèlement.

En avril dernier, le gouvernement britannique avait renforcé son dispositif de contrôle des « influences étrangères », imposant à toute personne travaillant pour l’État russe au Royaume-Uni de s’enregistrer auprès des autorités, sous peine de poursuites pénales. Moscou avait vivement dénoncé ces mesures, jugées « insensées », estimant qu’elles visaient non seulement les institutions sécuritaires russes, mais aussi des formations politiques liées au pouvoir, comme le parti Russie Unie.

En mars, Londres avait déjà expulsé un diplomate russe et la conjointe d’un autre représentant officiel, en réponse à une décision similaire prise par Moscou. Le gouvernement britannique avait alors évoqué une « campagne de harcèlement » visant ses diplomates en Russie. De son côté, Moscou avait accusé des membres de l’ambassade britannique de se livrer à des activités de subversion et de renseignement menaçant sa sécurité nationale.

Cette spirale de sanctions et de mesures de rétorsion s’est également traduite sur le terrain politique. En novembre 2024, les autorités russes avaient annoncé l’interdiction d’entrée sur leur territoire visant une dizaine de ministres du gouvernement britannique dirigé par Keir Starmer, renforçant encore la rupture diplomatique entre les deux pays.

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