Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a justifié cette mesure par « la réticence de l’entreprise à respecter la loi russe ». De son côté, l’agence de régulation des télécommunications Roskomnadzor avait déjà mis en cause les deux messageries, les accusant d’être utilisées à des fins d’escroqueries mais aussi pour des activités « criminelles et terroristes ». Les appels via WhatsApp et Telegram avaient d’ailleurs été suspendus dès août 2025.
WhatsApp revendique plus de 100 millions d’utilisateurs en Russie et a dénoncé une tentative de « blocage complet » de son service. Telegram, largement utilisé par des responsables officiels, des unités militaires et des militants pro-Kremlin, occupe une place centrale dans la diffusion d’informations liées au conflit entre Moscou et Kiev.
Un contrôle accru de l’espace numérique en Russie
Depuis plusieurs années, les autorités russes multiplient les mesures visant à restreindre l’accès aux plateformes étrangères et à renforcer leur souveraineté numérique. Facebook et Instagram, appartenant au groupe Meta, ont été déclarés « extrémistes » et bloqués en 2022. YouTube a suivi en 2024.
Malgré ces interdictions, de nombreux utilisateurs contournent les restrictions grâce aux VPN, même si une loi récente interdit d’en faire la promotion. Des personnalités publiques proches du pouvoir continuent ainsi d’utiliser des réseaux sociaux officiellement bloqués.
Les restrictions visant Telegram ont suscité des critiques parmi certains observateurs militaires russes, qui craignent un affaiblissement de l’influence du récit pro-Kremlin à l’international.
MAX, l’alternative nationale controversée
Dans ce contexte, WhatsApp et Telegram accusent les autorités russes de pousser les citoyens à migrer vers MAX, une nouvelle messagerie développée par le groupe russe VK et promue par l’État. Présentée comme une « super-application » intégrant services administratifs et commerciaux, à l’image de WeChat en Chine, MAX revendiquait 75 millions d’utilisateurs fin décembre.
Le Kremlin défend cette plateforme comme une alternative nationale en plein essor, soulignant la nécessité de réduire la dépendance aux services étrangers qui stockent les données hors du territoire russe.
Cependant, l’application ne propose pas de chiffrement de bout en bout, contrairement à WhatsApp et Telegram, ce qui suscite des inquiétudes chez certains juristes qui y voient un possible outil de surveillance. Depuis septembre 2025, le gouvernement impose par ailleurs l’installation automatique de MAX sur tous les nouveaux smartphones et tablettes vendus en Russie.