Des incohérences dans la version officielle
Officiellement, Idriss Déby est mort au combat le 20 avril 2021, lors d’une offensive du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) sur le front nord. Mais cette version est contestée : plusieurs sources concordantes affirment que le président serait en réalité décédé le 19 avril, un décalage jamais expliqué.
Des circonstances troublantes
Selon des sources TchadOne, seuls deux membres du convoi présidentiel ont été touchés par balle ce jour-là : Idriss Déby et son neveu, aide de camp. L’attaque aurait eu lieu dans une zone où les positions du FACT étaient à plusieurs kilomètres, rendant la thèse d’un affrontement direct peu crédible. Ces éléments alimentent les suspicions d’une attaque ciblée, voire d’un assassinat.
Des preuves potentiellement détruites
Plusieurs enfants et proches du défunt évoquent la possibilité d’un assassinat. Une source familiale déclare : « L’enquête sur la mort de l’ancien président a été purement et simplement enterrée. Mahamat Kaka ne veut pas d’enquête. » Selon des informations recoupées, le véhicule transportant Idriss Déby a été calciné avant d’être transféré dans un camp militaire, un geste qui renforce les soupçons de destruction volontaire de preuves.
Le tabou de l’enquête au sommet de l’État
Dans certains cercles sécuritaires et politiques, la question de l’assassinat est régulièrement évoquée. Des anciens et actuels collaborateurs de Mahamat Kaka confirment que l’enquête est devenue un sujet tabou. Un ancien conseiller aux droits de l’homme raconte une réunion en 2022 où Mahamat Kaka a réprimandé Mahamat Alhabo pour avoir mentionné « l’enquête sur la mort du maréchal », traduisant une volonté claire de ne pas rouvrir le dossier.
L’appel ignoré de l’Union africaine
L’Union africaine avait recommandé une enquête indépendante, compte tenu du statut de chef d’État du défunt président. Cette recommandation est restée sans suite, soulevant des questions sur le refus de clarifier les zones d’ombre entourant la mort d’Idriss Déby.
Une dimension personnelle et politique
Le refus d’enquête prend une dimension encore plus personnelle : Mahamat Kaka, fils du défunt président et actuel chef de l’État, refuse toute investigation sur la mort de son père. Un ancien ministre explique : « Même en tant qu’opposant, Idriss Déby est un chef d’État mort en exercice. Une enquête indépendante est une nécessité historique et politique. » La réponse rapportée de Mahamat Kaka — « Oncle, est-ce que faire cette enquête le ramènera ? » — est perçue comme un refus politique assumé.
Des suspicions anciennes et persistantes
Le défunt opposant Yaya Dillo, tué en 2024, avait déjà évoqué la possibilité d’un assassinat, dénonçant les incohérences de la version officielle. Ces propos, longtemps marginalisés, prennent aujourd’hui un nouvel éclairage à la lumière des éléments qui continuent d’émerger.
Une plainte qui pourrait changer la donne
Si la plainte en France se confirme, elle pourrait briser le silence imposé depuis N’Djamena et internationaliser une affaire que le régime de Mahamat Kaka a tenté de refermer. Pour la famille, il ne s’agit pas de raviver des blessures, mais de réclamer vérité, responsabilité et transparence, au nom de l’histoire du Tchad et de la mémoire d’un chef d’État mort en exercice.