Si le Maroc a normalisé ses relations avec Israël en 2020 dans le cadre des accords d’Abraham, l’Algérie maintient sa position historique : soutien indéfectible à la cause palestinienne et refus de toute reconnaissance de l’État hébreu. Ce geste spontané ne relève pas du hasard, mais s’inscrit dans une tradition diplomatique constante, revendiquée comme un marqueur identitaire fondamental depuis l’indépendance.
Sport et diplomatie : des tensions révélatrices entre l’Algérie et le Maroc
Le contexte de la CAN 2025 a servi de catalyseur. Alors que l’administration marocaine se montrait stricte et procédait à des interpellations, les supporters algériens affichaient une proximité marquée, se sentant « comme à la maison ». Ce n’était pas la première fois : un épisode similaire s’était produit en 2021 à Saïdia, avec des drapeaux israéliens côté marocain et une réaction immédiate côté algérien.
Ces « guerres des drapeaux » reflètent le fossé croissant entre deux trajectoires régionales : un Maroc normalisé avec Israël et en coopération croissante sur les plans sécuritaire et militaire, et une Algérie fidèle à sa ligne historique, refusant toute relation avec Tel-Aviv et réaffirmant sa solidarité avec les Palestiniens. Si ces escarmouches visuelles ne changent pas les rapports diplomatiques, elles renforcent un climat de tension sociale déjà palpable entre les deux pays, dont la frontière terrestre reste fermée depuis plus de trente ans.