Pour la première fois, le groupe publie une liste de 1 417 recrues originaires de 35 pays, dont 316 sont décédées entre 2023 et mi-2025. Le Cameroun et la Gambie comptent parmi les pays les plus touchés. Cette publication permet aux familles longtemps sans nouvelles de savoir ce qu’il est advenu de leurs proches et de demander le retour des corps.
Le cas de Joël, Camerounais disparu en 2024 et décédé officiellement en mai 2025 à 24 ans, illustre tragiquement cette situation. Son épouse, Linda, n’a toujours aucune information sur le lieu de sépulture. Beaucoup d’autres familles africaines vivent dans l’angoisse, tandis que les recrues sont souvent envoyées au front après quelques semaines de formation.
Promesses illusoires et filières de recrutement des Africains
Les campagnes de recrutement ciblent principalement des jeunes pauvres, attirés par des offres d’emploi ou d’études mensongères. AEOW et l’Ifri dénoncent un système qui s’apparente à du trafic d’êtres humains, envoyant des Africains comme mercenaires amateurs dans des assauts russes. Les recruteurs utilisent les réseaux sociaux, agences de voyage et réseaux d’influence russes pour séduire leurs cibles, avec promesses financières importantes, primes à la signature et facilités administratives.
Des militaires volontaires, des étudiants, et même des jeunes femmes destinées à l’industrie militaire (drones) sont concernés. Les Nations unies ont alerté sur ces pratiques et des enquêtes sont en cours en Afrique du Sud et au Kenya. Malgré ces alertes, certains gouvernements, comme le Cameroun, restent silencieux sur les recrutements et les décès documentés.