Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a lancé un appel direct au peuple libanais, l’invitant à « rejoindre Israël » dans son combat contre le Hezbollah, mouvement chiite soutenu par l’Iran qu’il accuse de maintenir le Liban « en otage ». Dans un message vidéo diffusé en anglais et sous-titré en arabe sur les réseaux sociaux, le chef du gouvernement israélien a assuré que son pays n’était « pas en guerre contre le peuple libanais », mais contre le « parti de Dieu », qu’il accuse d’utiliser le territoire libanais pour mener des attaques contre Israël.
Cette déclaration intervient malgré l’annonce, le 4 juin, d’un nouvel accord de cessez-le-feu entre les deux pays. Sur le terrain, les hostilités se poursuivent néanmoins : l’armée israélienne maintient ses frappes aériennes et ses opérations terrestres au Liban, tandis que le Hezbollah revendique régulièrement des attaques contre les forces israéliennes dans le nord d’Israël et le sud du Liban.
« Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban », a déclaré Benyamin Nétanyahou, appelant les Libanais à « prendre leur avenir en main » et promettant que le démantèlement du Hezbollah ouvrirait la voie à la sécurité, à la prospérité et à une normalisation des relations entre les deux pays.
Israël -Liban : des appels croisés au dialogue, mais une paix encore incertaine
Quelques heures avant l’intervention de Benyamin Nétanyahou, le président Isaac Herzog avait lui aussi adressé un message aux Libanais et à son homologue libanais Joseph Aoun. S’exprimant en arabe lors d’une visite à la frontière nord du pays, il a appelé Beyrouth à s’affranchir de l’influence du Hezbollah et de l’Iran afin de préserver sa souveraineté.
« Je tends la main de la paix au président du Liban et au peuple libanais », a affirmé Isaac Herzog, ajoutant que son « rêve » était de pouvoir un jour se rendre à Beyrouth. « Mais seulement si l’avenir du Liban se décide à Beyrouth et non à Téhéran », a-t-il précisé.
De son côté, le président libanais Joseph Aoun avait récemment plaidé pour une solution diplomatique. Dans une interview accordée à CNN, il s’était adressé aux Israéliens en les exhortant à privilégier le dialogue plutôt que les « solutions militaires ». « N’en avez-vous pas assez de la guerre depuis 1948 ? Voulez-vous réellement vivre en paix ? Alors asseyons-nous et discutons », avait-il déclaré.
Selon plusieurs observateurs, ces prises de parole traduisent une communication de plus en plus ouverte entre Israël et le Liban, dans le cadre de discussions menées sous médiation américaine. Toutefois, la perspective d’un accord durable demeure fragile, les affrontements se poursuivant malgré les efforts diplomatiques engagés.