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Burkina Faso : HRW accuse le Jnim d’avoir tué au moins 38 civils dans trois attaques

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Selon Human Rights Watch, le Jnim a tué au moins 38 civils, enlevé neuf femmes et incendié des biens lors de trois attaques dans le nord-est du Burkina Faso depuis fin janvier.
Burkina Faso : HRW accuse le Jnim d'avoir tué au moins 38 civils dans trois attaques
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim)

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) est accusé d’avoir tué plusieurs dizaines de civils lors de trois attaques distinctes dans le nord-est du Burkina Faso ces dernières semaines. Dans un communiqué publié jeudi 12 mars, l’ONG Human Rights Watch affirme qu’au moins 38 civils ont été tués, neuf femmes enlevées et de nombreux biens incendiés depuis la fin janvier.

Pour documenter ces violences, l’organisation indique avoir mené à distance une vingtaine d’entretiens avec des témoins, des journalistes, des membres de la société civile et des habitants des zones touchées. Selon elle, ces actes constituent des « atrocités » pouvant s’apparenter à des crimes de guerre. D’après HRW, les attaques auraient visé des communautés soupçonnées d’entretenir des liens avec les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ces supplétifs civils mobilisés aux côtés de l’armée burkinabè dans la lutte contre les groupes jihadistes.

Au Burkina enlèvements, exécutions et destructions

Le 29 janvier, des combattants du Jnim ont enlevé neuf femmes âgées de 29 à 51 ans près du village de Sollé, dans le nord du pays. Selon HRW, elles ont été menacées de viol et de mort avant d’être relâchées le lendemain. Les jihadistes les soupçonnaient d’être des « épouses de VDP » venues les espionner, a rapporté l’une d’elles à l’ONG.

Le 14 février, une autre attaque attribuée au groupe a visé une base militaire à Titao, une ville stratégique du nord du Burkina Faso. Au cours de l’assaut, au moins 34 civils auraient été exécutés et des infrastructures de télécommunication détruites. « Je me suis caché derrière un mur, alors que des hommes qui tentaient de fuir étaient abattus sous mes yeux », a raconté à HRW un agriculteur de 37 ans.

Quelques jours plus tard, le 22 février, des combattants du Jnim auraient également tué quatre commerçants et incendié leurs boutiques après une attaque contre un poste de gendarmerie dans la ville de Manni, dans l’est du pays. « La brutalité du Jnim contre les civils au Burkina Faso a été implacable », déplore Ilaria Allegrozzi, chercheuse spécialiste du Sahel à Human Rights Watch.

Dirigé par la junte militaire du capitaine Ibrahim Traoré depuis septembre 2022, le Burkina Faso reste plongé dans une spirale de violences jihadistes. Depuis 2015, le conflit a fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils et les militaires, selon les données de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), qui recense les victimes de conflits dans le monde.

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