Frappes meurtrières et accusations croisées
Selon la Défense civile, une frappe a visé une tente abritant des déplacés à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, faisant cinq morts. Cinq autres personnes ont été tuées à Khan Younès, dans le sud, tandis que deux décès ont été signalés à Gaza-ville et à Beit Lahia. Les hôpitaux Al-Chifa et Nasser ont confirmé avoir reçu sept corps.
Des proches des victimes dénoncent la poursuite des bombardements malgré la trêve en vigueur depuis le 10 octobre, après deux années de guerre. À Khan Younès, des dizaines de Palestiniens se sont rassemblés à l’hôpital Nasser pour rendre hommage aux défunts.
L’armée israélienne affirme avoir ciblé des hommes armés repérés dans le secteur de Beit Hanoun, accusés d’avoir franchi une zone sous contrôle israélien depuis le début du cessez-le-feu. Elle évoque des combattants sortis d’installations souterraines. Le Hamas, par la voix de son porte-parole, dénonce de son côté une grave violation de l’accord, notamment en visant des déplacés dans leurs tentes.
Une trêve fragile sur fond de crise humanitaire
Malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les incidents armés se poursuivent régulièrement. À la mi-janvier, les États-Unis ont annoncé le passage à une deuxième phase d’un plan destiné à mettre fin durablement au conflit. Celui-ci prévoit un retrait progressif israélien de Gaza, le désarmement du Hamas et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.
L’armée israélienne contrôle toujours plus de la moitié du territoire, tandis que le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, refuse de déposer les armes selon les conditions posées par Israël.
D’après le ministère de la Santé de Gaza, 601 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve. L’armée israélienne fait état de quatre soldats tués. En raison des restrictions d’accès imposées aux médias et des difficultés sur le terrain, ces bilans ne peuvent être vérifiés de manière indépendante.
Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, la bande de Gaza reste plongée dans une crise humanitaire majeure. Médecins sans frontières a suspendu fin janvier ses activités non essentielles à l’hôpital Nasser après des signalements faisant état de la présence d’hommes armés dans l’établissement. L’ONG indique ne pas avoir identifié ces individus. Israël accuse à nouveau le Hamas d’utiliser l’hôpital à des fins militaires, une accusation que le mouvement islamiste rejette.