Devant le Bundestag, le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a alerté sur la diversité des menaces pesant sur le pays : sabotages, espionnage, désinformation et terrorisme. Il a appelé à une Allemagne « plus résiliente », capable de prévenir les attaques et, si nécessaire, d’y répondre. Le texte a été adopté avec le soutien des conservateurs, des sociaux-démocrates et de l’AfD, tandis que les écologistes et la gauche radicale s’y sont opposés. Il doit encore être validé par le Bundesrat.
Une réponse aux « attaques hybrides »
Cette loi intervient après plusieurs incidents majeurs, dont la vaste coupure d’électricité à Berlin début janvier, qui a plongé plus de 100 000 personnes dans le noir à la suite d’un sabotage. Si l’attaque a été revendiquée par un groupe d’extrême gauche, aucun lien direct avec la Russie n’a été établi. Elle s’inscrit néanmoins dans un climat de tensions accrues, l’Allemagne accusant Moscou de mener des « attaques hybrides » combinant sabotages, survols de drones et désinformation.
Ces derniers mois, des infrastructures sensibles – câbles de communication, lignes ferroviaires, aéroports – ont été ciblées, renforçant le sentiment de vulnérabilité du pays, soutien majeur de l’Ukraine face à la Russie.
Des obligations renforcées pour les opérateurs essentiels
Alignée sur des directives européennes, la réforme impose à environ 1 700 opérateurs de services essentiels (électricité, eau, grands hôpitaux, grandes chaînes de distribution) d’identifier leurs failles, de renforcer leur sécurité et de prévoir des systèmes de secours. Les structures desservant plus de 500 000 personnes devront mettre en place des dispositifs de protection, des sources d’énergie alternatives et des procédures de gestion de crise.
Si le gouvernement d’Allemagne se félicite de cette avancée, des élus et des acteurs économiques dénoncent un texte tardif, insuffisant et trop contraignant. Le Bundesrat estime notamment que le seuil de 500 000 personnes est trop élevé et plaide pour un abaissement à 150 000. Malgré ces critiques, l’exécutif fait du renforcement des infrastructures critiques une priorité stratégique, jugée désormais aussi essentielle que l’effort militaire.