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Gabon : la grève des enseignants se transforme en crise politique

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Depuis début décembre, les enseignants du Gabon mènent une grève qui ne faiblit pas. Alors que le gouvernement appelait à la reprise des cours le 19 janvier 2026, deux figures syndicales majeures, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, ont été arrêtées, provoquant une montée des tensions et une inquiétude grandissante au sein de la société civile.
Gabon : la grève des enseignants se transforme en crise politique
Un homme passe devant l'école publique De Batavea à Libreville

Dans les rues de Libreville au Gabon, les écoles restent désertes, reflet d’un bras-de-fer qui s’intensifie. Les enseignants réclament le paiement de leurs arriérés de salaires et la levée des blocages dans le système d’avancement. Mais l’arrestation des deux leaders syndicaux a fait basculer la crise sociale en affaire politique.

Un mouvement indépendant des syndicats traditionnels au Gabon

Né autour du collectif SOS Éducation, le mouvement a gagné en force après les fêtes, contournant des structures syndicales jugées trop proches du pouvoir. Les revendications sont claires : paiement des arriérés, réforme du système d’avancement et arbitrage direct du président Oligui Nguema.

Marcel Libama, figure historique du syndicalisme enseignant, a été interpellé à l’aéroport de Libreville alors qu’il se rendait à Port-Gentil. Le lendemain, Simon Ndong Edzo, membre du bureau du SAEG, a été arrêté à son domicile. Les autorités n’ont donné aucune justification officielle, se contentant d’évoquer une “obstruction au service public”.

Une reprise des cours en trompe-l’œil

Malgré les déclarations du ministère de l’Éducation nationale, les écoles vides restent l’image dominante dans les médias publics et privés. La ministre Camelia Ntoutoume Leclerq a tenté de montrer une reprise des cours lors de visites officielles, mais les syndicats dénoncent une simple mise en scène.

Une crise qui dépasse l’éducation

La contestation s’étend désormais à d’autres secteurs. Les enseignants-chercheurs du supérieur ont annoncé une grève imminente, tandis que des préavis ont été déposés dans le pétrole, la santé et les médias publics. La société civile craint une escalade sécuritaire face à des revendications sociales non résolues.

Avant son arrestation, Simon Ndong Edzo déclarait lors d’une Assemblée générale : « Nous devons continuer à pousser, à secouer le cocotier, et le coco finira par tomber. »

Une grève symbole d’un malaise social profond

Au Gabon, la grève des enseignants est devenue l’emblème d’un malaise social profond. L’arrestation de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ne fait qu’aggraver les tensions, transformant une revendication salariale en crise politique. Alors que tous les regards se tournent vers le président Oligui Nguema, une question demeure : arbitrera-t-il pour apaiser un climat social de plus en plus explosif ?

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