Épuisé après trois ans et demi à la tête de la sélection marocaine, Walid Regragui a décidé de mettre un terme à son aventure avec les Lions de l’Atlas. Sa démission a été acceptée ce jeudi par la Fédération royale marocaine de football, qui s’apprête à confier les rênes de l’équipe nationale à Mohamed Ouahbi, récent vainqueur de la Coupe du monde U20 avec le Maroc en octobre dernier.
Un départ qui n’a rien d’une surprise. Depuis plusieurs semaines, les médias sportifs marocains évoquaient ouvertement la fin du cycle Regragui. Plusieurs sources, dont le site El Botola, laissaient entendre que l’histoire entre le sélectionneur et la sélection arrivait à son terme. La Fédération a finalement officialisé l’information ce jeudi.
Fragilisé par la pression et par une fin de parcours marquée par la défaite face au Sénégal en finale de la CAN 2025, l’ancien international marocain a choisi de respecter l’engagement qu’il avait pris publiquement. « J’ai un contrat jusqu’à la Coupe du monde 2026, mais si nous ne gagnons pas la CAN 2025, ce contrat prendra fin et je partirai », avait-il affirmé lors d’une interview accordée à l’émission espagnole El Chiringuito.
Arrivé sur le banc du Maroc en août 2022, quelques mois avant la Coupe du monde au Qatar, Walid Regragui avait succédé à Vahid Halilhodžić, qui avait qualifié les Lions de l’Atlas pour le tournoi. Rapidement, il s’est imposé comme un leader en conduisant la sélection marocaine vers une demi-finale historique au Mondial 2022, une première pour une équipe africaine.
Son mandat restera également marqué par une finale de Coupe d’Afrique des nations, la première depuis 2004, mais aussi par une élimination précoce lors de la CAN 2023 disputée en Côte d’Ivoire.
Avec 49 matches dirigés (36 victoires, 8 nuls et 5 défaites), Regragui quitte la sélection avec un bilan largement positif. Malgré ces résultats, il a dû composer avec une pression constante, des critiques sur le style de jeu de son équipe et des relations parfois tendues avec une partie des médias.
Le natif de Corbeil-Essonnes restera néanmoins comme l’un des entraîneurs les plus marquants de l’histoire du football marocain. Avant son passage en sélection, il avait déjà remporté plusieurs titres en club : le championnat du Maroc avec le FUS de Rabat en 2016 puis avec le Wydad Casablanca en 2022, la Ligue des champions africaine la même année et le championnat du Qatar avec Al-Duhail en 2020.
La finale perdue de la CAN devait être son apothéose ; elle restera finalement comme l’épisode marquant de la fin de son mandat, à quelques mois seulement de la Coupe du monde.
Mohamed Ouahbi appelé à ouvrir un nouveau cycle après Regragui
Pour préparer le troisième Mondial consécutif du Maroc, la Fédération royale marocaine de football a exploré plusieurs pistes, dont celles de l’Espagnol Xavi et de Tarik Sektioui, sélectionneur des U23. Finalement, elle devrait miser sur la continuité en confiant l’équipe nationale à Mohamed Ouahbi.
Âgé de 44 ans, le technicien belgo-marocain s’est illustré récemment avec les U20 marocains en remportant la Coupe du monde de la catégorie en octobre dernier. Ce succès a renforcé sa crédibilité et convaincu les dirigeants de lui donner sa chance à la tête de la sélection A.
Ouahbi devrait s’appuyer sur un staff expérimenté. Parmi ses collaborateurs figure notamment Joao Sacramento, ancien adjoint passé par plusieurs clubs européens comme Lille, Tottenham, la Roma ou encore le Paris Saint-Germain. L’ancien international marocain Youssouf Hadji, déjà impliqué auprès de la sélection lors de la Coupe du monde 2018, fera également partie de l’encadrement.
Le nouveau sélectionneur aura toutefois peu de temps pour installer ses idées. À trois mois de la Coupe du monde, il devra rapidement rassurer les supporters et structurer son groupe. Deux rencontres amicales sont déjà programmées : le Maroc affrontera l’Équateur le 27 mars à Madrid avant de se mesurer au Paraguay le 31 mars à Lens.
Ces deux matches constitueront les premiers tests du nouveau staff et marqueront le début d’un nouveau cycle pour les Lions de l’Atlas.