Alors que son procès devait s’ouvrir lundi 2 mars devant la cour criminelle départementale de Paris, l’islamologue de 63 ans, Tariq Ramadan, ne s’est pas présenté. Selon sa défense, il est hospitalisé à Genève, en Suisse, pour une durée indéterminée. Il est poursuivi pour viols sur trois femmes, survenus entre 2009 et 2016, qui décrivent une emprise psychologique et dénoncent des abus sexuels d’une grande violence. L’avocat général a demandé l’émission d’un mandat d’arrêt, estimant que Tariq Ramadan pourrait être en violation de son contrôle judiciaire, qui impose notamment de signaler tout déplacement hors de France.
Le procès devait se tenir jusqu’au 27 mars devant une cour composée uniquement de juges professionnels. Cette absence crée une incertitude sur le déroulement des audiences. Me Marie Burguburu, l’une des avocates de Tariq Ramadan, a plaidé pour un report du procès, invoquant la sclérose en plaques dont souffre son client et les visites régulières qu’il rend à Genève au chevet de sa mère de 93 ans. La cour a suspendu l’audience afin que la défense puisse fournir des justificatifs médicaux et demander un éventuel report.
Ramadan, une affaire longue et complexe, initiée par quatre plaignantes
L’affaire remonte à six ans d’enquête et concernait initialement quatre femmes. Les juges d’instruction ont finalement renvoyé Tariq Ramadan devant la justice pour viols sur trois plaignantes seulement, après que la cour d’appel a écarté l’une d’entre elles, considérant qu’elle n’était pas soumise à une « contrainte morale », une composante légale de la définition du viol avant l’élargissement de la notion de consentement en novembre 2025.
Parmi les faits reprochés, les agressions présumées se seraient déroulées à Lyon et à Paris en 2009, 2012 et 2016. Tariq Ramadan avait déjà été condamné en Suisse pour un viol sur une autre femme, ajoutant une dimension internationale et médiatique à ce procès sensible.