À l’occasion du 26e anniversaire de la disparition de l’ancien président tunisien, Habib Bourguiba, qui a dirigé le pays de 1957 à 1987, le chef de l’État Kaïs Saïed a vivement critiqué la télévision nationale. S’exprimant depuis Monastir, ville natale du leader historique, il a appelé le média public à « être au rendez-vous avec l’histoire ».
Sans citer d’exemples précis, le président tunisien a exhorté la chaîne à se départir de toute « propagande trompeuse » et à revoir en profondeur son discours. « La télévision doit changer de discours », a-t-il insisté, estimant que certains contenus sont désormais « caducs » et ne répondent plus aux attentes des Tunisiens. Une sortie qui s’inscrit dans une série de prises de position similaires : en janvier déjà, Kaïs Saïed avait réuni les responsables des médias publics, mettant en avant leur rôle central dans la promotion de la transparence et de l’intérêt général.
Une liberté de la presse en net recul selon Kaïs Saïed
Ces déclarations interviennent toutefois dans un contexte préoccupant pour la liberté d’informer en Tunisie. Les journalistes, qu’ils soient tunisiens ou étrangers, attendent toujours la délivrance de leurs cartes de presse pour l’année 2026. À cela s’ajoutent des relations limitées entre les autorités et les médias, ainsi qu’un retour de l’autocensure dans plusieurs rédactions, alimenté par la crainte de représailles.
Cette dégradation est confirmée par le dernier classement de Reporters sans frontières (RSF), qui fait état d’un recul de 11 places pour la Tunisie en 2025 en matière de liberté de la presse. Un contraste marqué avec les appels du président à une information plus rigoureuse et alignée sur les enjeux nationaux.