Il y a un an, le 10 juillet 2025, le journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè était arrêté à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avant d’être transféré au Bénin, où il est toujours détenu dans l’attente de son procès. Fondateur du média en ligne Olofofo, il s’était fait connaître pour sa couverture critique des élections législatives béninoises de 2019. Depuis son interpellation, Reporters sans frontières (RSF) dénonce les conditions de son arrestation et de son transfert, qu’elle qualifie de « détention arbitraire ».
Cinquante journalistes ouest-africains réclament sa libération
À l’occasion du premier anniversaire de son arrestation, une cinquantaine de journalistes ouest-africains, à l’initiative de RSF, ont signé une tribune publiée vendredi 10 juillet dans Jeune Afrique. Les signataires appellent le président béninois, Romuald Wadagni, à libérer Hugues Comlan Sossoukpè ainsi que le journaliste Ali Moumouni, également détenu.
Interrogée par RFI, Jeanne Lagarde, responsable du plaidoyer Afrique subsaharienne à RSF, dénonce « un enlèvement pur et simple » ainsi qu’« une détention arbitraire en dehors de tout cadre légal ».
« Cela fait un an que le journaliste d’investigation Hugues Comlan Sossoukpè a été enlevé à Abidjan et il est depuis détenu. Il attend toujours son procès. C’est pour cette raison que nous avons voulu mobiliser 50 journalistes ouest-africains pour demander sa libération », explique-t-elle.
Au Bénin, RSF saisit la Cour de justice de la Cédéao
Selon RSF, Hugues Comlan Sossoukpè bénéficiait du statut de réfugié au Togo lorsqu’il a été invité par les autorités ivoiriennes à se rendre à Abidjan. L’organisation affirme qu’il y a été arrêté en coordination avec les autorités béninoises, avant d’être transféré au Bénin à bord d’un avion privé, sans qu’une procédure régulière d’extradition ne soit engagée.
« À notre connaissance, aucune procédure d’extradition régulière ne lui a permis d’exercer ses droits. Ce que nous dénonçons, c’est un enlèvement pur et simple et une détention complètement arbitraire, en dehors de tout cadre légal », insiste Jeanne Lagarde.
Plus tôt cette année, RSF a saisi la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’organisation demande à la juridiction régionale de reconnaître les violations qu’elle estime avoir été commises et d’ordonner la libération de Hugues Comlan Sossoukpè et d’Ali Moumouni.