Le ministère turc de la Défense a vivement critiqué l’accord signé entre la France et l’administration chypriote grecque encadrant la présence de troupes françaises à Chypre. Ankara le qualifie de « provocation » et estime qu’il est « contraire aux accords de Chypre de 1960 et au droit international ».
Dans un communiqué, le ministère affirme que la France « n’a aucun statut de garant à Chypre » et accuse cet accord de perturber « le fragile équilibre sur l’île ». Il considère également qu’il ne respecte pas « la volonté et les droits souverains égaux des Chypriotes turcs », avertissant que de telles mesures pourraient avoir des « conséquences dangereuses » pour le sud de l’île.
Chypre : tensions accrues en Méditerranée orientale
Signé lundi à Nicosie, l’accord entre Paris et Chypre s’inscrit dans une volonté exprimée en avril par Emmanuel Macron et Nikos Christodoulides de faciliter l’accueil de forces françaises pour des opérations humanitaires en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient. Les forces françaises utilisent déjà régulièrement l’île comme point d’appui logistique lors de crises régionales.
La Turquie, qui se considère comme puissance garante aux côtés du Royaume-Uni et de la Grèce, a également réaffirmé sa détermination à « protéger les droits et les intérêts » des Chypriotes turcs. Le président Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs promis une « réponse très ferme » en cas d’atteinte aux intérêts turcs en Méditerranée orientale, dans un contexte de tensions persistantes liées à la division de l’île depuis 1974.