La police antiterroriste londonienne a procédé mercredi à l’arrestation de trois hommes soupçonnés d’espionnage pour le compte de Pékin, soulignant la volonté du Royaume-Uni de « lutter contre les ingérences étrangères », selon le ministre de la Sécurité Dan Jarvis. Les autorités n’ont communiqué que leur âge et leur ville de résidence : un homme de 38 ans vivant à Londres, ainsi que deux hommes âgés de 68 et 43 ans originaires du Pays de Galles. Les arrestations ont été effectuées avec l’aide d’unités antiterroristes galloises et écossaises.
Des perquisitions ont également été menées à leurs domiciles et à trois autres adresses situées à Londres, Cardiff et près de Glasgow. La cheffe de la police antiterroriste londonienne, Helen Flanagan, a précisé qu’il s’agissait d’une enquête proactive et qu’aucune menace directe ou imminente pour le public n’avait été identifiée. L’enquête est toujours en cours.
Contexte : une inquiétude croissante face aux activités chinoises au Royaume-Uni
Ces arrestations interviennent alors que deux autres hommes sont jugés à Londres pour avoir mené des « opérations de police clandestines » pour surveiller des Hongkongais résidant au Royaume-Uni. Bill Yuen, 65 ans, et Peter Wai, 38 ans, binationaux sino-britanniques, sont accusés d’agir pour le compte de la Région administrative spéciale de Hong Kong et, indirectement, de la Chine. Yuen est un ancien haut gradé de la police de Hong Kong, tandis que Wai travaillait pour la police de la City de Londres et les services de contrôle aux frontières.
Depuis juin 2023, Londres dénonce l’existence présumée de « postes de police secrets » chinois sur son territoire, suspectés d’intimider opposants et fugitifs économiques, accusations systématiquement démenties par Pékin. La vigilance britannique s’explique notamment par l’arrivée de dizaines de milliers de Hongkongais au Royaume-Uni depuis l’adoption d’une loi stricte sur la sécurité nationale à Hong Kong en 2020.