L’ancien ministre et diplomate britannique Peter Mandelson a été interpellé lundi 23 février dans le cadre d’une enquête portant sur de possibles transferts d’informations sensibles à l’homme d’affaires américain Jeffrey Epstein. Âgé de 72 ans, il est soupçonné de manquements dans l’exercice de fonctions officielles, selon un communiqué de la police britannique, qui n’a pas officiellement dévoilé son identité, conformément aux usages en vigueur au Royaume-Uni.
Des images diffusées par BBC et Sky News montrent Peter Mandelson quittant son domicile du centre de Londres, escorté par deux personnes jusqu’à un véhicule banalisé. Les enquêteurs examinent des documents laissant penser qu’il aurait transmis, il y a une quinzaine d’années, des informations gouvernementales à Jeffrey Epstein. Aucune accusation d’inconduite sexuelle ne vise l’ancien ministre.
Son arrestation intervient quatre jours après celle de Prince Andrew, soupçonné d’une infraction similaire en lien avec son amitié avec Epstein.
Une affaire aux lourdes conséquences politiques
Peter Mandelson avait été relevé de ses fonctions diplomatiques en septembre, à la suite de la publication de courriels révélant qu’il avait conservé des liens avec Jeffrey Epstein après la condamnation de ce dernier en 2008 pour agressions sexuelles sur mineure. La divulgation récente de nouveaux éléments par le département de la Justice américain a conduit les autorités britanniques à ouvrir une enquête pénale.
L’affaire fragilise le gouvernement travailliste dirigé par Keir Starmer, accusé d’avoir nommé fin 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington malgré la controverse persistante autour de ses relations avec Epstein. Le Premier ministre, qui l’avait déjà rappelé en septembre 2025, a présenté ses excuses, notamment aux victimes d’Epstein. Son chef de cabinet et son directeur de la communication ont quitté leurs fonctions, tout comme trois autres proches collaborateurs au cours du mois de février, parmi lesquels Chris Wormald, Morgan McSweeney et Tim Allan.
Le gouvernement s’est engagé à publier l’ensemble des documents relatifs à la nomination et à la révocation de l’ancien ambassadeur. Une première série de pièces doit être rendue publique début mars.
Global Counsel placé sous administration judiciaire
Autre conséquence directe de la controverse : le cabinet de conseil Global Counsel, fondé par Peter Mandelson, a été placé sous administration judiciaire le 20 février. L’entreprise, spécialisée en communication et relations publiques, a invoqué « le maelström persistant d’attention politique et médiatique » entourant son cofondateur.
Dans un communiqué, Will Wright, directeur général au Royaume-Uni du cabinet de restructuration Interpath, nommé coadministrateur judiciaire, a indiqué qu’un examen détaillé des actifs et passifs serait mené afin d’envisager la vente des actifs de la société.
Bien que Global Counsel affirme ne plus entretenir de liens avec Peter Mandelson, elle reconnaît que le rôle de cofondateur de ce dernier et sa conduite passée ont durablement affecté son image et ses activités.